Oh, Baba !

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A l’heure où vous lirez ces lignes, Nicolas Sarkozy sera revenu d’Inde où il a passé 4 jours afin de “renforcer le poids de la France” tout en évitant de faire trop remarquer sa propre petite taille.

Si Sarkozy précède, dans ce pays très courtisé, le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le président russe Dmitri Medvedev, il succède à Barack Obama, qui est venu début novembre.

L’occasion de comparer deux hommes et deux styles à travers quelques photographies de ces deux séjours.

Les préparatifs

Je renvoie ici les lecteurs à l’excellent billet consacré à l’effervescence des Indiens se préparant à accueillir le président étasunien il y a un mois : t-shirts et affiches à son effigie, portraits, gadgets en tous genres, peinture de trottoirs… La peinture devait être encore fraîche pour que les ouvriers de Mumbai n’en repassent pas une couche. Reste que je n’ai déniché que cette pancarte officielle, photographiée par le tout aussi officiel photographe élyséen.

Obama : 1 – Sarkozy : 0

L’arrivée

Franchement, était-ce bien la peine de dépenser autant pour s’acheter un gros avion et maîtriser si mal sa sortie ? Alors que le couple Obama surgit en haut de la passerelle et salue aussitôt le pays hôte aussitôt, Sarkozy a tergiversé pour attendre son épouse et préfère regarder où il met les pieds. De plus, alors qu’il n’a pas lâché la main de Carla durant sa visite à Bangalore, il n’est même pas foutu de la lui tenir à l’arrivé !

Obama : 2 – Sarkozy : 0

Le salut (à l’occidentale)

L’aisance américaine, de la main gauche comme de la main droite contre le manque de naturel français, qui se protège du soleil en faisant croire qu’il salue la foule.

Obama : 3 – Sarkozy : 0

Le salut (à l’indienne)

Pour le coup, Sarkozy est un peu plus appliqué, et il ne salue pas à contretemps quand l’autre lui tend la main. Malgré la faute de goût du juif orthodoxe à l’arrière-plan et même s’il ne sait pas tomber veston et cravate, le président français l’emporte de peu. C’est surtout grâce à sa femme, qui en a presque abusé pendant 4 jours, que les Sarkozy marquent leur premier point sur le salut à l’indienne.

Obama : 3 – Sarkozy : 1

La rencontre avec Manmohan Singh

Rien à faire : on sent tout de suite que même s’ils sont Premier ministre de la plus grande démocratie du monde, Sarkozy a toujours un peu de mal avec les étrangers.

Obama : 4 – Sarkozy : 1

La rencontre avec Pratibha Patil

Regarder l’appareil pour la photo officielle ET faire attention à son interlocutrice, la présidente en personne. C’est trop pour l’homme aux “5 ou 6 cerveaux remarquablement irrigués”, mais qui n’en pas toujours un de disponible.

Obama : 5 – Sarkozy : 1

La rencontre avec les populations

Si l’iconographie abonde sur les sourires adressés par le couple américain aux Indiens (triés sur le volet) qu’ils ont croisés durant leur séjour, Nicolas Sarkozy a un problème avec le peuple, qui ne s’arrange pas à l’étranger. Il préfère finalement se sourire à lui même. Il faut dire que l’exercice de s’accroupir devant un enfant a plus de panache que celui de juste retirer ses talonnettes !

Pour le coup, madame ne réussit qu’à aggraver le score. Alors qu’elle a visité à New Delhi la fondation NAZ, centre d’accueil pour adultes et enfants touchés par le sida, elle n’a pas réussi à desserrer les mains ni les dents pour s’approcher, par crainte de la contagion

Obama : 7 – Sarkozy : 1

Le Taj Mahal

À cause de son allergie à toute promiscuité au peuple, Sarkozy a donc visité le Taj Mahal en privé. Et comme l’on a fait savoir à Carla que le mausolée était encore plus beau au soleil couchant, la visite a été décalée au dernier moment du dimanche matin au samedi soir. Branle-bas de combat dans le services de sécurité et évacuation des 10.000 personnes qui avaient eu l’idée saugrenue de vouloir admirer le monument au même moment que le monument d’orgueil qui nous préside. Moralité ? Aucune. Sauf que dans la panique, les photographes ont été aussi laissé à la porte parmi la plèbe et que je n’ai trouvé AUCUNE photo du couple au soleil couchant. On s’en fout un peu, me direz-vous. Le souci pour Sarkozy, c’est qu’il a déjà été photographié devant le Taj Mahal, lors de sa première visite en janvier 2008, et que l’histoire illustrée du règne de Nicolas 1er retiendra que c’est avec Borloo qu’il était sur la photo.

Les Obama, eux, ne sont pas allés au Taj Mahal, mais l’iconographie photo et vidéo retiendra qu’ils ont dansé avec les enfants pour la fête des lumières.

Obama : 9 – Sarkozy : 1

L’hommage

Depuis les attentats sanglants de novembre 2008, le protocole prévoit un hommage aux 173 victimes. Question hommage (de Guy Môquet aux résistants du plateau des Glières), Sarkozy s’y connaît. Mais pour ne pas faire de gaffe (comme aux Glières justement), il a cru bon de s’inspirer de son homologue américain. Mais là où, devant le mémorial aux victimes, les époux Obama ont l’air sincère dans le recueillement, Sarkozy, devant un calicot qui ressemble à un intertitre de film muet pour nous rappeler de quoi il s’agit et sous le regard de sa femme inquiète de sa gaffe, a juste l’air d’un petit bonhomme habitué à lever les yeux pour regarder le monde de haut.

Obama : 10 – Sarkozy : 1

Les contrats

On pourrait poursuivre l’énumération, mais pas assez pour remonter au score. Je conclurai donc cette série avec l’essentiel – selon Sarkozy – le fric !

S’il fait penser parfois à Lagaffe, c’est surtout dans le rôle de De Mesmaeker, l’obsédé des contrats à signer, qu’excelle notre président. La réussite de la diplomatie française se mesurerait en milliards récoltés lors des voyages officiels. Là où Obama, avec tact et diplomatie, se montre surtout en train de signer les livres d’or, Sarkozy s’intéresse aux livres de comptes et semble calculer au fur et à mesure s’il parvient à se hisser “plus haut” que le président américain. Et la presse de renchérir dans le cocorico économique orchestré par l’Elysée et de se glorifier des 15 milliards glanés en 4 jours.

Le hic, c’est que pour arriver à ce chiffre rond et remarquable, les protocoles d’accord et autres lettres d’intention (qui ne sont finalement que des promesses d’achat) sont allègrement mélangés aux véritables contrats. On connaît aujourd’hui l’épilogue des Rafales “vendus” au Brésil et on sait ce qu’il en est de Sarkozy et des promesses.

Pas de point…

Score final > Obama : 10 – Sarkozy : 1

Victoire américaine sans contestation possible !

(photos : Indranil Mukherjee, Pascal Segrette, Pascal Le Segretain, B Mathur, Prakash Singh, Jason Reed, Christophe Ena, Philippe Wojazer, Daniel Berehulak, Jim Watson, Lionel Bonaventure, Mustafa Quraishi, Sajjad Hussain, Christophe Ena)

Certains sarkozystes égarés sur ce blougui objecteront de la subjectivité des images et de leur choix.

Pour achever ce comparatif, je vous propose donc deux vidéos de deux moments “historiques”.

6 mai 2007 : après l’élection de Nicolas Sarkozy, Mireille Mathieu exécute La Marseillaise devant 30.000 personnes (source TF1), au cours d’un concert réunissant Gilbert Montagné, Jean Roch, Tina Arena, Miss Dominique, Enrico Macias, Jeanne Manson, Bob Sinclair, Jean-Marie Bigard, Arthur, Christian Clavier, Faudel…

20 janvier 2009 : Deux jours après, We Are One, le concert d’ouverture des cérémonies d’investiture de Barack Obama, qui a réuni (par ordre alphabétique) Beyonce, Mary J. Blige, Jon Bon Jovi, Garth Brooks, Sheryl Crow, Renee Fleming, Josh Groban, Herbie Hancock, Heather Headley, Bettye LaVette, John Legend, Jennifer Nettles, John Mellencamp, Pete Seeger, Shakira, Bruce Springsteen, James Taylor, U2, Usher Raymond IV, et Stevie Wonder devant plus de 400.000 personnes, ce sont plus de 2 millions de citoyens étasuniens (estimation) qui écoutent Aretha Franklin chanter My Country, Tis of Thee, pour fêter leur 44e président.