La tête hors de…

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Slide 1

Eh, vous avez vu la date ?

Ça y est, c’est la fin.

Comme dans Le Boulier, le sketch de Bernard Haller, que je n’ai pas retrouvé sur Internet où l’on ne trouve pas tout contrairement à une croyance aveugle dans le progrès.

Je résume, pour ceux qui ne connaîtraient pas. Et qui ne savent même pas qui est Bernard Haller, qui est quand même sur wikipedia et aussi sur abcdetc :

Le Boulier raconte l’histoire d’un enfant devenu homme, qui revient à la maison paternelle alors que celui-ci (le paternel) agonise. A la maison, à l’hôpital ou ailleurs, je ne sais plus. Dans le fatras des souvenirs du grenier, l’homme retrouve “le boulier” ! Celui dont son père se servait pour comptabiliser ses bêtises de la semaine et lui infliger, chaque samedi, la pénitence correspondant au nombre de boules : 5 minutes par boule dans la cave noire, avec les rats, muni d’un seul bâton que le père tendait au fils en lui disant : “Va, mon fils, sois courageux.” L’homme prend le boulier et va l’accrocher à la tête du lit de son père en lui disant que c’est son tour et que quand toutes les boules seront passées d’un côté à l’autre, ce sera la fin. Et il revient chaque jour pousser une boule en rappelant à son père l’époque de la cave aux rats, jusqu’au dernier jour où il ne reste plus qu’une boule. En poussant cette ultime boule, l’homme dit à son père : “Va, mon père, sois courageux.” Alors le père agonisant, qui n’avait pas dit une parole jusque là, se redresse d’un bond dans le lit et hurle comme un fou : “Y avait pas de rats dans la cave, y avait pas de rats !”. Et il meurt. Le fils décroche le boulier, regarde son père et lui dit : “Mais papa… J’avais dit que c’était la fin, mais pas de toi, du boulier.”

Bref.

C’est donc la fin du mois d’août. Pas du blougui.

Pour faire une habile transition entre les cartes postales, la petite semaine d’élucubrations et le retour de l’actualité sur cet écran, je vous ai trouvé une photo qui parle en creux de l’état du monde.

Elle a a été prise en Jordanie, dans un camp de réfugiés syriens près de la ville de Mafraq. J’ai aimé ce sourire de gamine, tellement en contraste avec la guerre odieuse (quel pléonasme !) qui se déroule actuellement dans le pays qu’elle a dû fuir avec ses parents, comme plusieurs milliers de ses compatriotes.

Je la trouve belle. Comme je trouve belle la force de la vie qui anime d’un sourire le visage d’une enfant condamnée à l’exil par la folie des hommes.

Un éclair de soleil sur ma colère et ma tristesse.

(photo Ali Jarekji)

Pour ce dernier de si de là, j’ai hésité entre deux vidéos. Et je n’ai pas choisi.

Comme le texte de Bernard Haller que je préfère, L’Escalier, est déjà ici, je vous en ai trouvé un autre, qui me va bien. Je n’ai pas compris pourquoi les gens rigolent. Bernard Haller ne m’a pas toujours fait rire. Un de ses spectacles s’intitulait d’ailleurs Un certain rire incertain. Voici donc Les Droits de l’Homme.

Et puisque c’est la fin, je n’ai pas résisté au plaisir d’écouter une fois encore The End, dans une version “courte” (8 minutes) enregistrée il y a 42 ans et 1 jour à l’île de Wight, moins d’un an avant la fin définitive de Jim Morrison :