Mercato, merdalors

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Slide 1

Je parle rarement de sport sur abcdetc. Comme pour la tolérance à une époque (selon Claudel ou … Clémenceau, à qui se fier sur Internet ?), il y a des maisons – enfin des sites – pour ça.

Mais ce n’est pas chez eux mais sur les sites de journaux économiques que j’ai trouvé les chiffres délirants des dépenses du “mercato” d’été (le marché aux footballeurs pour les non initiés) : pour les 1.164 joueurs qui ont changé de club dans les 5 principaux championnats européens, le montant des transactions s’élève à … 3 milliards de dollars (soit de quoi se payer quand même plus de 200 kilomètres de gazonduc !) m’ont appris Les Échos, qui me donnent en euros la répartition :

  1. Premier League (Angleterre) : 1 milliard
  2. Liga (Espagne) : 530 millions
  3. Seria A (Italie) : 345 millions
  4. Bundesliga (Allemagne) : 315 millions
  5. Ligue 1 (France) : 125 millions

Et Le Figaro me précise que ce montant a augmenté de 16% en 5 ans.

Ce qui finalement n’est pas grand chose comparé au triplement d’un autre budget. Celui de l’UNHCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés), passé de 1,8 milliard à 5,3 milliards de dollars entre 2008 et 2013. En même temps, l’agence a en charge 11,7 millions de réfugiés, soit 10.000 fois plus que les joueurs achetés et vendus pendant les deux mois de tractation sportives financières.

Je sais… Certains vont me dire que tout ça n’a aucun rapport. C’est juste à cause de l’enfant au ballon rouge, dont la photo a croisé mon regard ce week-end. Une photo prise dans un des nouveaux camps de l’UNHCR, à Irbil à 350 kilomètres de Bagdad, qui accueille quelques uns des 1,5 million de réfugiés en fuite depuis juin devant l’avancée des troupes de l’État Islamique… Alors comme je n’avais pas très envie de me taper une galerie de 1000 et quelques footballeurs (et même de 10, et même d’un seul…), j’ai choisi d’illustrer ces chiffres délirants et obscènes par cette image d’un enfant qui coûtera moins cher en droits télé que la prochaine rencontre de coupe d’Europe.

Et excusez-moi si je vois un rapport.

(Photo : Marko Drobnjakovic)

Il y a d’autres enfants et un autre ballon (pas rouge, mais on peut l’imaginer comme on veut) dans ce magnifique clip plein de douceur de Diana Cordero qui illustre une chanson des Mexicains de Los Cenzontles : Vivir.