Modi n’est plus maudit

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Bon d’accord, le titre du jour vaut celui du Canard enchaîné qui paraît lui aussi aujourd’hui… Mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

Pour sa première visite officielle aux États-Unis, le tout nouveau Premier ministre indien, Narendra Modi n’a pas lésiné : bain de foule à son arrivée, rencontre avec Bill de Blasio, maire de New-York, avec Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, avant un petit salut à la tribune de l’assemblée générale, passage sur la scène du Global Citizen Festival, discours triomphal – en hindi – au Madison Square Garden, devant 20 000 citoyens américains d’origine indienne, sans compter les quelques milliers d’autres massés aux abords du stade et dans d’autres endroits, salutations à Barack Obama, John Kerry, Bill et Hillary Clinton (en compagnie de sa ministre des Affaires étrangères, Sushma Swaraj), avant un repas de gala à la Maison blanche (enfin presque de gala, puisque Narendra Modi s’est contenté de thé et de limonade, non pas par solidarité avec ses concitoyens qui souffrent de malnutrition mais pour honorer une “fête religieuse” disent mes confrères qui n’ont pas pris le temps d’éplucher le calendrier hindou pour y dénicher la Durgā pūjā ou Navratri (je m’y perds moi même un peu)), entretien en tête-à-tête avec le président étasunien, Barack Obama pour relancer le “partenariat” entre les deux pays, sans oublier une minute de silence au memorial du 11 septembre à New-York et un petit détour par l’ambassade d’Inde à Washington, avec hommage au père de la nation, le “Mahatma” Gandhi, deux jours avant le 145e anniversaire de sa naissance, le 2 octobre 1869

Ouf ! (Difficile d’écrire “bref” en l’occurrence…)

Pas mal pour un type qui était persona non grata il y a moins de 10 ans, quand les États-Unis (comme l’Europe) lui refusaient l’entrée sur leur territoire, après les émeutes meurtrières de 2002, qui avaient provoqué la mort de près de 1000 musulmans dans l’état du Gujarat qu’il dirigeait alors.

Mais les affaires sont les affaires. Et, pour contrebalancer l’influence montante de la Chine, les États-Unis ne rechigneraient pas à trouver un nouveau partenaire en Asie. La plus vieille démocratie du monde alliée à la plus grande : le slogan a de la gueule ! Tant pis si la plus vieille vacille et si la plus grande est dirigée désormais par un ultra nationaliste aux mains pas si propres, qu’un tribunal de New-York a assigné en justice, à la veille de son arrivée sur le territoire étasunien, pour répondre d’accusations de “tentative de génocide” pas toujours vraiment élucidées…

Un retour triomphal, porté par des idées nationalistes, malgré des affaires judiciaires encombrantes… Hum…

Maudit Sarkozy, sors de ce corps !

Et de ce blougui !

(photos : Shiv Raj, Richar Drew, Carlo Allegri, Lucas Jackson, Jason DeCrow, Julie Jacobson, PIB India)

Aucune envie de vous passer Beyoncé et Jay-Z, Carrie Underwood, Gwen Stefani ou autres inconnus, qui ont foulé eux aussi la scène du Global Citizen Festival pour recueillir de l’argent pour les plus pauvres (comme c’est mignon!)

Sans transition mais non sans rapport, je vous propose de découvrir l’un des 2,8 millions d’étasuniens d’origine indienne, Savan Kotecha qui nous interprète Vas Happenin’ Boys, en version toute confidentielle pour cause d’indisponibilité du Madison Square Garden.