La fureur de vivre

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Les photos du jour ne proviennent ni de Paris, où on ne signalait aucun nouvel attentat au moment où j’écrivais ce billet, ni de Molenbeek, “la plaque tournante belge du terrorisme islamiste”, ni de Saint-Denis, Lille, Lyon, Toulouse, Marseille, Grenoble, Rennes ou Colmar (etc. sans énumérer toutes les villes où l’état d’urgence a permis de perquisitionner tranquillement), ni d’on ne sait trop quel repaire d’anonymous en colère décidés à éradiquer les comptes twitter de daech, ni d’ici où je ne vais quand même pas casser l’ordinateur qui me sert exceptionnellement à regarder la télévision et chaque jour à vous faire partager mon regard sur le monde.

Non ! Cet étrange jeu de massacre a été photographié à Lodz, en Pologne, où un certain Monsieur Zdzislaw est l’heureux propriétaire de la première “salle de fureur” (de rage ou de colère) du pays. Pour 150 zlotys (un peu plus de 35 €), les usagers disposent d’une demi heure pour y casser tout ce qu’ils veulent (meubles, ordinateurs, miroirs, vaisselle, objets divers) à coups de batte de base ball, de marteau ou de club de golf. Après la séance, M. Zdzislaw remplace les miettes par de nouveaux objets qu’il récupère ici ou là ou qu’il achète pour quelques zlotys sur les sites de vente…

On peut même, paraît-il, apporter son propre matériel.

Nées aux États-Unis, où certains trouvent leur fréquentation plus apaisante que le yoga, les salles de fureur on d’abord gagné le Canada, puis l’Europe, via la Russie ou la Serbie.

Les furieux de passage apprécient l’exercice, comme M. Krystian, coiffeur de son état, qui s’est confié à mes confrères du Dziennik Łódzki chez lequels j’ai trouvé les photos du jour et quelques compléments d’information

“Nous vivons à une époque où nous avons parfois besoin de soulager nos problèmes quotidiens. Un jour, plusieurs de ces situations s’étant accumulées, j’ai voulu essayer essayer. […] Ce fut une expérience intéressante, et je pense bientôt proposer la salle de fureur à mes employés comme formation d’intégration.” (Traduction approximative)

C’est sûr que taper sur des objets hors d’état est moins dangereux que de frapper son patron…

Selon la traduction tout aussi approximative de ses propos cités par les mêmes confrères, le Dr Wieslaw Baryla, psychologue social à l’Université de Psychologie sociale, met en garde contre l’utilisation des “salles de fureur” qui risquent de provoquer “une euphorie renforcée par l’excitation de faire quelque chose qui est normalement socialement inacceptable”. Avec même “un petit risque d’une épidémie incontrôlée de la violence dans la vie quotidienne” et même “un risque que cela va nous changer pour le pire” (sic, selon le traducteur google…)

Le pire n’est donc jamais sûr ?

Dans une période où nos “responsables” politiques ne cessent de nous préparer au pire, en promettant de nous en protéger, il me prend comme l’envie d’installer par chez nous une (ou plusieurs) “salle(s) de fureur” (de rage ou de colère) pour au moins y calmer leur ébriété guerrière (lire sur le Monde diplomatique cet excellent article).

(photos : Paweł Łacheta)

 

Sinon, pour adoucir les mœurs, il y a toujours la musique. Et la danse pour se calmer les nerfs.

Les Anglais de Sons Of Kemet font les deux. Plutôt bien.