Mon Dieu !

Slide 1

Ne croyez pas, malgré le titre du jour, que j’ai changé d’opinion sur Dieu, qui à ma connaissance n’a toujours pas de mot d’excuse signé par ses parents.

Bref, à propos de parents…

Je n’ai jamais compté le nombre de photographies qui me passent chaque jour sous les yeux avant d’en choisir une ou plusieurs pour vous faire profiter de mes élucubrations à son (leur) sujet.

Je ne sais pas non plus dans combien de catégories je pourrais les ranger : guerres, manifestations, environnement, géopolitique, “progrès” technologique, régression sociale, catastrophes, crises, beauté du monde… Je sais cependant que j’en délaisse volontiers certaines (mode, sport, people en tous genres…) et comme j’en affectionne particulièrement d’autres.

Comme les enfants.

Sans doute un effet de mon grand âge associé à un espoir chevillé à l’âme que chaque enfant qui naît est une nouvelle chance de changer le monde. Ou un nouvel appel au monde pour qu’il change.

Aussi, en voyant ce couple de grand-parents (arrière-grand-parents?) indiens embrassant ce bébé, je me suis approché de la légende pour savoir ce qu’il pouvait bien faire dans la galerie de photos d’actualité du Guardian.

Et c’est là que je me suis dit “Mon Dieu!”

Car Daljinder Kaur et son mari Mohinder Singh Gill, respectivement âgés de 70 et 79 ans, ne sont pas les grand-parents (ni les arrière-grand-parents) du petit Armaan qu’ils tiennent dans leurs bras. Et s’ils ont les honneurs de la presse internationale c’est “grâce à” Daljinder qui vient de battre le record de la mère la plus vielle du monde a failli battre le record de la plus vieille mère du monde, toujours détenu par une de ses compatriotes de l’Uttar Pradesh qui a donné naissance à des jumeaux en 2008. Déjà après une fécondation in-vitro (FIV), est-il utile de le préciser…

Ce qui écarte l’hypothèse d’une intervention divine, comme dans le cas de la Sarah biblique, mère à 80 ans je le rappelle. Même si Daljinder affirme, selon mes confrères que Dieu a entendu nos prières”.

Je souhaite bien du bonheur au petit Armaan et à ses parents. Comme à tous les enfants du monde, mais quand même.

L’Inde était jusqu’ici connue pour être l’un des pays de prédilection du “merveilleux monde de la gestation pour autrui” (sic). Marché qui vient de se fermer à l’exportation, obligeant les demandeurs à trouver d’autres sources d’approvisionnement. Mais si la tendance à la FIV sénile se confirme, les couples en mal d’enfants pourront bientôt envisager l’adoption. Car si, quand Daljinder affirme : “Ma vie est désormais bien achevée”, elle n’imagine pas mourir demain, on peut parier sans trop de risques qu’elle ne connaîtra pas la longévité de la Sarah biblique et qu’il faudra peut être trouver des successeurs aux “heureux” parents.

À moins que Daljinder Kaur et Mohinder Singh Gill ne se rendent compte, avant même leur disparition fatale, qu’un bébé a quelque chose d’insupportable. Surtout passé 70 ans et après 46 ans de tranquillité.

(photo : Ajay Verma)

Hier, au travail qui me paye, j’ai discuté avec un couple poussant une poussette. Visiblement moins âgés que Daljinder Kaur et Mohinder Singh Gill, ils m’ont appris qu’ils étaient en séjour dans ma ville pour garder … leur petit fils.

Normal.

Ils venaient de Rennes. Comme le trio Fragments (habile transition, non?), dont j’ai trouvé deux interprétations du morceau Echoes, qui n’a rien à voir avec Pink Floyd, comme je l’ai cru avant d’écouter. Comme parfois je n’aime pas choisir, je vous ai collé les deux versions…