Bagdad, Benghazi, Washington

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Je suis un garçon sensible. Trop. Aussi, quand on me dit que je suis trop sensible, ça me touche profondément. Vous voyez le cercle vicieux ? Quand on me traite d’écorché vif, ça m’énerve.

Bref.

Je déconseille fortement aux âmes non sensibles d’aller voir le dernier Ken Loach, Route Irish. Pour vous donner un ordre de comparaison, la vision de ce film provoque autant d’exposition aux soubresauts du monde que la lecture de 1000 billets d’abcdetc (où il n’y en a que 745).

Et pourtant, il ne traite que d’un seul sujet dans un seul pays : les mercenaires (contractors) en Irak.

Samedi marquait le 8e anniversaire de la guerre en Irak initiée par George W. Bush pour lutter contre “l’axe du mal”. Je ne sais si c’est un effet des tremblements de terre successifs depuis 8 ans, mais l’axe du mal semble s’être déplacé. Comme les militaires. Depuis fin 2010, selon les chiffres officiels du Département de la Défense étasunien, le nombre de mercenaires en Irak dépasse celui des militaires (voir le graphique page 12 si vous n’avez pas le courage de tout lire) et en Afghanistan la tendance est la même. Mais ils ne sont pas sur les photos…

Eh oui, comme tout, la guerre tend à être privatisée. Ça ferait plaisir à Clémenceau qui déclarait que “la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires”. Mais ça déplaît encore à certains.

Aujourd’hui, la guerre est également une chose trop sérieuse pour consulter les peuples. Les bombardements de la Libye  par la France (et ses alliés) ont commencé avant même le débat (sans vote) de mardi prochain. Mais il y avait urgence… nous dit-on, et ça n’a rien à voir avec l’Irak, prétend-on.

Quelques centaines d’indécrottables pacifistes, à Los Angeles, Chicago ou Washington (où plusieurs dizaines d’entre eux ont été arrêtés), n’ont cependant pas hésité à faire l’amalgame lors de manifestations organisées samedi.

La guerre d’Irak a commencé sur un mensonge à propos des armes de destruction massive. Combien de mensonges nous sont encore servis aujourd’hui au nom de de tas de raisons “d’État” ?

(photos Maya Alleruzzo, Trixie Textor, Jewel Samad, Jacquelyn Martin, François Nascimbeni)

PS1 : La dernière image provient de Bagdad, où cette enfant chrétienne qui n’a sans doute connue que la guerre était baptisée samedi par immersion dans le Tigre. Je l’ai choisie pour adoucir ce diaporama et la mosaïque d’accueil.

PS2 : Quant à l’avant dernière image, je ne touche aucune commission sur la vente éventuelle des Rafale en démonstration commerciale dans le ciel libyen. J’ai juste été désagréablement surpris d’apprendre le nom de la base de Saint-Dizier d’où ils décollent… Réveille-toi Petit Prince, le monde devient aveugle et n’a plus de cœur.

Je vous promets que les musiques du monde vont revenir. Quoi que celle-ci nous vienne du Canada.

Bref.

C’est en lisant les critiques (de gôche surtout) du film de Ken Loach, après l’avoir vu, que j’ai pensé à Charlebois et son Ordinaire, une chanson dont les paroles me vont bien.