Le bien du peuple

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Un mois après les révoltes du 23 juin, qui avait contraint le président Abdoulaye Wade, à renoncer à une réforme constitutionnelle abaissant à 25 % le seuil minimum des voix nécessaires au premier tour pour élire un « ticket présidentiel », le ministère de l’Intérieur avait pris ses précautions en interdisant samedi toute manifestation politique dans les principaux quartiers de Dakar.

Les militant du Mouvement du 23 juin (M23) se sont donc retrouvés sur la place de l’Obélisque non mentionnée dans le décret.

Ils étaient plusieurs dizaines de milliers selon les journalistes, 50.000 selon les organisateurs, 8.000 à 10.000 selon les policiers et pas plus “de 2.500 à 3.000” selon le porte-parole du gouvernement, Moustafa Guirassy, à demander encore à Abdoulaye Wade, 85 ans, d’abandonner le pouvoir et de ne pas briguer de troisième mandat aux prochaines élections de février, en bidouillant une fois encore la constitution.

Bravant l’interdit gouvernemental, le Parti démocratique sénégalais (parti présidentiel) avait organisé le même jour un grand meeting auquel auraient assisté entre 1,8 et 2 millions de personnes, selon le même porte-parole.

Selon les journalistes présents, des centaines de cars ont également participé au rassemblement, pour convoyer les “partisans” du président, dont certains reconnaissaient avoir reçu 10 000 francs CFA (environ 15 euros) pour venir assister à la rencontre. “La vie est dure, toute source de revenu est bonne à prendre”, concédait l’un des membres de ce “bétail électoral”.

Si la bataille des chiffres laisse craindre pour le décompte des voix lors de la présidentielle de février, l’achat de supporters laisse craindre pour la démocratie et apporte un cinglant démenti à une des pancartes brandies dans le meeting du M23… Certains politiques considèrent encore que le peuple est leur bien.

Et pas seulement en Afrique.

(photos Rebecca Blackwell, Ibrahima Lissa, Finbarr O’Reilly)

Entre musique traditionnelle comorienne et reggae, Baco et son groupe Hiriz inventent une musique hors du temps ou qui l’arrête, comme dans leur dernier clip, All in dis.