Aux Armes

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Il y a un peu plus d’un an, je vous avais proposé (suite à un lien transmis par Richard), de faire un petit tour dans la Vallée de l’Omo où, à des kilomètres et des siècles de notre “modernité”, vivent des tribus spectaculaires qu’avait longuement photographié Hans Silvester.

A l’occasion d’une récente insomnie où je vous cherchais une belle série pour terminer la saison, j’ai croisé les mêmes tribus, sous l’objectif d’un autre photographe, Brent Stirton. Un autre regard, d’autres attitudes, moins de peintures spectaculaires sur les corps et, sur certaines photographies, des AK47 !

J’ai hésité à troubler votre quiétude d’un dimanche de vacances finissantes ou commençantes. Vous pouvez vous arrêter ici.

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Ou continuer ci-dessous.

Dans le texte de présentation de la galerie qu’il consacre aux tribus de l’Omo sur son site personnel, Brent Stirton évoque la pression du monde extérieur qui se fait de plus en plus sentir dans ces régions autrefois épargnées, avec l’afflux d’armes automatiques suite aux conflits régionaux tout proches ou au déclin des ressources… Il mentionne également le projet de barrage hydroélectrique géant, Gibe III qui menace l’environnement et la vie des habitants de la vallée de l’Omo qui se trouve en aval.

Je vous épargne les dizaines de pages que j’ai consultées à la suite de cette annonce. Vous trouverez l’essentiel des informations sur le site de l’ONG Survival qui tente de lutter auprès des populations contre ce projet fou qui, en modifiant tout un écosystème, détruira le fragile équilibre que les tribus maintiennent avec la nature et les privera de leurs ressources alimentaires de base : piscicoles, par la raréfaction des espèces, agricoles, par perturbation des rythmes du fleuve et de ses crues.

La Banque européenne d’investissements (BEI) a annoncé récemment qu’elle se retirait de ce projet dénoncé également par l’ONU, mais d’autres investisseurs, chinois en particulier, ont pris le relai pour financer les travaux estimés à plus d’1,5 milliard d’euros et menés par l’entreprise Salini Costruttori, qui se targue par ailleurs de “responsabilité sociale”. Le combat contre le barrage n’est pas terminé.

Quand on vous dira que l’électricité hydraulique c’est de l’énergie propre compatible avec le développement durable, regardez donc où sont construits les barrages. Celui de Gibe III n’est en effet pas le seul à menacer des “populations indigènes” de notre planète (lire ici Inquiétants barrages en PDF).

Et s’il vous reste un peu d’indignation, vous pouvez – toujours sur le site de Survival – cliquer sur le lien “Actualités Peuples de la vallée de l’Omo” pour apprendre comment, en période de famine, le gouvernement éthiopien envisage de concéder des terres à des compagnies étrangères, transformant ainsi ces peuples arriérés en ouvriers agricoles… ou en exilés !

De quoi prendre les armes, non ?

Juste avant de trouver les photos puis les informations sur les peuples de l’Omo, j’avais croisé ce clip, réalisé par Anaïs Liberté Baillon et Alexandre Giovanetti sur une chanson de Melissmell, artiste à fleur de peau qui fait frisonner la mienne, dont je vous avais déjà parlé ici au lendemain d’un concert où je l’avais découverte par hasard. Comme dernier supplément dimanche de la saison, ça peut le faire. Comme appel à redonner du sens à l’hymne national de la patrie des Droits de l’Homme, ça le fait aussi !

Même si vous répugnez à empoigner un AK47, vous avez le choix des armes !