Hommage

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Si l’information a été largement relayée en Allemagne et un peu dans la presse étrangère, je n’en ai trouvé aucune trace dans les journaux français. En tout cas sur Internet.

Mardi 8 novembre, un monument de 17 mètres de haut a été inauguré à la mémoire de Georg Elser, à l’emplacement de l’ancienne chancellerie du Reich d’Hitler, à Berlin.

72 ans après l’Allemagne a ainsi enfin rendu un hommage concret à l’un des premiers résistants au nazisme, auteur, le 8 novembre 1939, de l’attentat de la Bürgerbräukeller de Munich, dont Hitler réchappa à 13 minutes près.

Capturé, emprisonné puis déporté, Georg Elser a été assassiné à Dachau, le 9 avril 1945, trois semaines avant le suicide d’Hitler.

Il a fallu plusieurs années pour que l’Allemagne reconnaisse Elser comme un héros, certains mettant en doute sa crédibilité, allant même jusqu’à accuser ce sympathisant communiste d’avoir été un agent de la propagande nazie. Son nom ne figurait pas sur le mémorial des victimes du nazisme, où l’artiste Wolfram Kastner était venu l’ajouter en 1999.

Depuis quelques années, ce résistant de la première heure est enfin sorti de l’ombre. Son nom a été donné à plusieurs rues ou écoles dans tout le pays, un timbre à son effigie a été édité pour le centenaire de sa naissance en 2003 et, depuis 2001, le prix Georg-Elser est décerné aux citoyen(ne)s qui se sont distingués par leur courage citoyen (comme Dietrich Wagner cette année).

Georg Elser a failli ne pas avoir droit à son mémorial, la municipalité de Berlin en trouvant le coût (200 000€) trop élevé. C’est finalement le sénat de l’État de Berlin qui a financé le projet.

“J’ai voulu empêcher que plus de sang encore ne soit versé”, disait Elser pour expliquer son acte.

Sans vouloir inciter quiconque au meurtre ou au terrorisme, je me demande aujourd’hui qui osera s’affronter aux nouveaux tyrans de la finance et à la dictature des marchés, pour empêcher que “plus de sang encore ne soit versé”.

(photos Soeren Stache, archives allemandes, Patrick Seeger, Frank Mächler, Winfried Rothermel, Jan Pitman, Odd Andersen)

PS : Désolé pour les (rares) lecteurs matinaux qui ont pu s’inquiéter du retard du billet du jour. Mais, pour marquer moi aussi le 11/11/11, j’ai programmé cet article pour 11h11.

Si à la place du “portail de lumière” prévu par certains, c’est la fin du monde qui survient, tant pis, personne ne me lira.


Un hommage n’arrive jamais seul.

J’ai appris, tout à fait par hasard, le décès de Bhupen Hazarika, samedi 5 novembre dernier à Bombay. Ses funérailles se sont déroulées mercredi à Guwahati, dans l’état d’Assam.

photo Anupam Nath

Ce chanteur, compositeur et homme politique (!) indien était l’auteur de nombreuses musiques de films, dont le dernier … Gandhi To Hitler