Comme un autre lundi

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Après les deux billets de transition de vendredi et samedi puis la série dominicale habituelle, ce billet du lundi a été également préparé avec un peu d’avance. Il ne colle évidemment pas trop avec l’actualité du monde. Juste avec mon actualité du moment. Le banal retour du lundi matin sur lequel je n’épiloguerai pas.

A l’heure où j’écris ces quelques lignes, je suis juste dans les affres de la préparation de ces 24 heures d’écriture lesquelles, à l’heure où vous lisez ces quelques lignes, sont derrière moi. J’ignore ce qui s’y sera déroulé, ce que j’aurais réussi à y écrire et comment je m’en serai sorti. Comment ma vie, imperceptiblement, sera différente.

Je n’oublie pas que ce blougui ne parle habituellement pas de moi directement; même si c’est mon regard subjectif sur le monde qui y est proposé.

Aussi, pour reprendre le fil, le chemin du “travail” et le sens du quotidien, je vous propose deux images. En contraste.

Elles étaient présentées mardi dernier, à la suite immédiate l’une de l’autre, dans la galerie de photos du jour d’un confrère étasunien (photos 27 et 28). Ce sont donc deux photos du lundi.

Contrastées, disais-je.

La première a été prise à Islamabad (Pakistan) où deux travailleurs anonymes dorment en pleine rue sous leur moustiquaire, au milieu des automobiles qui poursuivent un ballet nocturne un peu ralenti.

Le personnage de la seconde, photographié à la bourse de New-York, n’est pas anonyme : il se nomme Theodore Nelson et, peut être au moment même où dorment les deux travailleurs d’Islamabad, il se prend la tête pour cause de dévissage de 275 points du Dow Jones, qui a atteint au premier jour de juin son plus bas niveau depuis décembre 2011. À cause de mauvais signaux économiques, nous dit la légende, notamment concernant le marché de l’emploi.

Mardi soir, Theodore Nelson a dormi dans un lit, tandis que les travailleurs d’Islamabad retrouvaient leur trottoir. Ils ne se rencontreront jamais ailleurs que dans les pages de ce blougui (et de mon confrère) mais leur sort est lié. Les traders du monde entier, qui ne s’inquiètent du “marché” du travail qu’en termes d’indices spéculatifs, ignorent tout de la vie des travailleurs qu’ils exploitent indirectement pour faire leur sale besogne et feignent d’ignorer les effets pervers de leurs petits calculs et de leur jonglage obscène avec une richesse virtuelle, qui se nourrit chaque jour davantage de la pauvreté réelle croissante de milliards d’individus.

Il n’y a qu’un seul monde. Et ce matin, au moment où vous lirez ces lignes comme à celui où je les écris, je pense aux dormeurs paisibles d’Islamabad, malgré le trafic, et je souhaite des cauchemars aux traders et spéculateurs, à cause de leur ignoble trafic.

Bonne journée et bonne semaine à vous.

(photos : Muhammed Muheisen, Richard Drew)

Puisque je suis de retour à Besançon, c’est de cette ville que je vous envoie la musique d’aujourd’hui.

Je ne sais pas grand chose de Benny Joke, à part qu’en plus de Benoit Schick, pianiste, chanteur et auteur-compositeur, le groupe réunit quelques pointures locales comme Merlin (batteur d’Hubert Félix Thiéfaine pendant dix ans), Bernard Montrichard (guitariste d’une autre gloire locale trop éphémère, Pascal Mathieu) ou Sylvin Marc… et que Tomorrow, leur premier titre disponible à l’écoute en vidéo, est prometteur.

Je leur souhaite de tenir leurs promesses.

Benny Joke sera notamment en concert le 7 juillet à Luxeuil-les-Bains dans le cadre des Pluralies.