Devoir de mémoire

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Dimanche 10 juin à Santiago du Chili, 2000 spectateurs ont assisté à la projection du “documentaire” Pinochet, lors d’une soirée d’hommage au héros national, qui “a sauvé le Chili du communisme et fut victime des extrémistes et autres militants des Droits de l’Homme”. Une “cérémonie pour honorer l’histoire”, a expliqué son petit-fils, Augusto Pinochet Molina, présent à cette sympathique manifestation organisée au théâtre Caupolican par la Corporation 11 septembre (date du coup d’État soutenu pas la CIA).

A l’extérieur du théâtre, plus de 3000 manifestants étaient réunis pour honorer eux aussi l’histoire et rappeler que le “héros national » fut responsable – officiellement – de 3.225 morts et disparus, de plus de 38 000 torturés et de dizaines de milliers d’arrestations de dissidents. Sans compter les centaines de milliers de Chiliens qui ont fui leur pays pour échapper à cette horreur. Poursuivi pour “génocide, terrorisme et tortures”, Pinochet n’a échappé à son procès… qu’en mourant en 2006.

Les “pinochetistes” et les trouble-fêtes se sont peu rencontrés, grâce notamment à l’intervention de la police, qui a dispersé les opposants à coups de canons à eau et de gaz lacrymogènes, pour protéger une projection que ni le gouvernement ni la justice chilienne n’avaient cru bon d’interdire, au nom de la liberté d’expression.

Emportés par leur zèle et par l’ambiance nostalgique, les policiers ont fait quelques blessés et arrêté – fermement – 25 personnes. Aucun cas de torture n’est à déplorer, selon les autorités.

La mémoire est sélective et l’histoire bégaie.

(photos : Alejandro Olivares, Claudio Santana, Ruiz Caballero, Hector Retamal, Luis Hidalgo, Martin Bernetti, Ariel Marinkovic, Carlos Vera)

Le Chili c’est loin et 1973 aussi !

N’empêche qu’en préparant ce billet tout en écoutant distraitement les informations, j’ai sursauté en entendant les dirigeants de l’UMP, Fillon, Coppé, et consorts, appeler mollement à faire barrage au Front national et surtout pas en votant pour des candidats soutenus par des communistes ou des gauchistes ! Et j’ai repensé à la chanson de Jean Ferrat qui dit « On a beau me dire qu’en France, on peut dormir à l’abri, des Pinochets en puissance travaillent aussi du képi…”

Tellement toujours d’actualité.

Bref.

La Colombie c’est loi aussi d’ici et plus proche du Chili. La chanteuse colombienne Marta Gómez se définit comme “Une femme, une fille, un rêve, un espoir”. Dans son dernier disque, El Corazón y el Sombrero (Le Cœur et le chapeau), elle met en musique le poète Federico García Lorca. Si je ne comprends pas toutes les paroles, j’en saisi l’émotion…