Adieu Ali Al-Shwaf

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Je vous jure que je l’ai pas fait exprès.

Un peu pris par le temps, hier dimanche, pour vous préparer le billet d’aujourd’hui, je suis allé chez Reuters voir les images du jour chez eux, et c’est comme ça que j’ai trouvé Ali al-Shwaf.

Pour tout dire, j’avais déjà vu une image de l’hôpital de Gaza où attendaient des blessés, victimes d’un énième raid aérien de l’armé israélienne, que mes confrères persistent à appeler par son petit nom de Tsahal, mais avec laquelle je ne suis pas pote personnellement. Nouveau raid en réponse à de nouveaux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, qui répondaient à l’emprisonnement et à l’humiliation qui durent, qui répondent à on ne sait plus quoi dans ce dialogue de sourds, dans ce conflit de fous…

Et c’est en voulant récupérer l’image des blessés que j’ai trouvé Ali al-Shwaf. Une des trois victimes des raids de samedi. Un enfant de 6 ans mort de la connerie des hommes qui ne trouve pas d’issue humaine.

Je vous jure que je ne l’ai pas fait exprès.

C’est aussi ce que jure l’armée israélienne, qui rejette la responsabilité de la mort d’Ali al-Shwaf. En140 signes sur twitter, Avital Leibovich, la porte-parole de l’armée, a expliqué : “L’explosion qui a causé la mort de l’enfant palestinien aujourd’hui a été provoquée par des munitions appartenant à un des groupes terroristes. »

Personne ne l’a fait exprès. Mais Ali al-Shwaf est mort. Trop tôt pour grandir et pour que grandisse sa haine de ceux qui bombardent son pays dans lequel il aura toujours vécu enfermé.

(photos : Said Khatib, Eyad Baba, Hatem Moussa)

Si j’ai eu peu de temps hier pour trouver les images et la musique, c’est aussi parce que je suis allé au concert, voir Emel Mathlouthi. Laquelle, entre autres chansons, a chanté Ma Lkit (Not Found), chanson qu’elle a écrite en décembre 2008, pendant l’opération “Plomb durci” qui tua plus de 1300 personnes à Gaza.