Sens des départs

, , , , , , , , , , , ,

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6
Slide 7
Slide 8
Slide 9
Slide 10
Slide 11
Slide 12
Slide 13
Slide 14
Slide 15

Je me suis toujours interrogé – voire énervé – de cette étrange expression, “sens des départs”, qu’utilisent à tort et à travers nos commentateurs de records de bouchons annuels au moment du non moins fameux “chassé-croisé” entre juillettistes et aoutiens. Moi qui ai la chance de ne plus habiter Paris depuis longtemps, je me sens exclu par l’emploi de cette expression très jacobine.

Bref…

En cette veille de 1er août, de vacances de ce blougui (sur lequel je vous posterai des cartes postales, promis!), j’ai eu une pensée pour tous ceux qui sont dans le sens du départ :

  • Les milliers de Syriens fuyant leur pays en guerre civile sous le regard impuissant de la “communauté internationale”, et qui vont s’entasser dans les camps de l’UNHCR, comme les Congolais, les Soudanis ou les Maliens, dont le regard s’est un peu détourné pour cause de manque de place dans les gazettes.
  • Les Philippins fuyant devant un typhon ou les Chinois et les habitants de l’Asam en Inde devant les inondations tout aussi meurtrières de ces dernières semaines.
  • Les mêmes habitants de l’Assam fuyant devant les émeutes ethniques qui ont fait une cinquantaine de morts ces derniers jours.
  • Les minorités birmanes victimes d’autres discriminations et qui ne trouvent pas refuge au Bangladesh, déjà trop peuplé et trop pauvre pour les accueillir et d’où ont fuit les musulmans impliqués dans les émeutes ethniques évoquées ci-dessus.
  • Tous les migrants de la planète : les Éthiopiens en Tanzanie, les Latino-Américains vers les Etats-Unis, les Afghans, Irakiens, Africains aux portes de l’Europe, en Grèce ou à Malte.
  • Les Palestiniens sans patrie depuis plusieurs générations…

J’en passe, j’en oublie, je n’ai pas eu le temps ni le courage de dresser l’inventaire complet des populations déplacées, en mouvement, sur le départ, sans date et parfois sans espoir de retour…

Mais je ne les oublierai pas vraiment lors de mon départ. Et je parlerai d’eux aux touristes pressés, aux vacanciers impatients, aux occidentaux inconscients d’appartenir à une minorité pour laquelle le sens du départ n’a pas le sens de l’abandon… d’une terre, d’un pays, d’une vie.

(photos : Aaron Favila, DR, Anupam Nath, Biju Boro, James Akena, Ahmed Ouoba, Anurup Titu, Marco Ugarte, Thanassis Stavrakis, Darrin Zammit Lupi, Paula Bronstein, David Buimovitch, Nir Elias)

A propos de pensée, de départ, de souvenir, j’ai déjà parlé de mon projets d’Escales à Saint-Nazaire, en m’excusant auprès de Luz Casal de ne jamais l’avoir invitée dans ces colonnes.

Mais il est des chansons dont je ne me lasse pas et vous non plus, j’en suis certain :