Salauds !

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Plus d’une centaine d’articles sur la toile par chez nous et plus de 1000 au Pakistan. Sans compter les reportages radio ou télé, ni les discussions ici (sur la toile) ou là (dans la vraie vie des vrais mots).

Je suis sûr qu’hier vous avez tous entendu parler de Malala Yousafzai et de la tentative d’assassinat dont elle a été victime devant son école de Mingora. Mais avant ?

En entendant la nouvelle le matin à la radio, je me suis dit que ce nom et cette histoire me rappelaient quelque chose. Vaguement. Cette enfant de 11 ans (à l’époque) qui avait pris la parole pour réagir contre les destructions d’écoles par les talibans dans la région se Swat. Pour que les filles ne reçoivent pas d’éducation dont il jugeaient (jugent encore) qu’elles n’ont aucun besoin. Une parole toute simple contre la violence et l’obscurantisme.

Je m’en souvenais. Vaguement. Faut-il attendre que les gens meurent pour entendre ce qu’ils crient ?

Ceci dit pour moi, pour nous tous qui zappons si vite d’une information à l’autre, d’un tweet au suivant, d’un gribouillis sur un mur à un buz sur un autre, en oubliant que nous construisons si peu de ponts;

Alors oui, en écoutant la nouvelle, en lisant ces articles, je m’indigne, je m’insurge, je me mets en colère, je crie ma révolte. Avant de passer à autre chose. Je renie un Dieu, quel qu’il soit, qui n’a aucune excuse pour que sa volonté s’accomplisse de cette manière. Je méprise les prophètes, leur haine, leur soif de domination et leurs crimes. Comme je méprise Ehsanullah Ehsan, porte-parole du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) qui a revendiqué ce crime odieux : “Nous l’avions prévenue plusieurs fois qu’il fallait qu’elle cesse de parler contre les talibans, qu’elle arrête de soutenir les ONG occidentales et qu’elle prenne le chemin de l’islam.” Et j’ai envie de le défier quand il ajoute : “Quiconque critiquera les talibans subira le même sort”, en le critiquant, lui et toute sa bande, en les traitant de salauds. Sachant que je suis loin du Pakistan. Et guère lu là-bas…

Je me souviens aussi, le temps de l’écrire, qu’Ehsanullah Ehsan et toute sa bande n’ont pas oublié Malala Yousafzai depuis près de 4 ans !

(photos : DR, Muhammed Muheisen, Shakil Adil)

PS : Et je n’oublie pas les Pussy Riots.

PPS : Et je ne savais pas que c’était aujourd’hui la Journée internationale de la fille… Les talibans pakistanais l’ont célébrée avec un peu d’avance.

Pendant ce temps, un peu plus au Nord.

Je suis tombé hier aussi, en cherchant des images comme souvent, sur Sosan Firooz, la première rappeuse afghane. C’est quelque chose. Et même si la jeune femme de 23 ans n’a pas le meilleur flow, elle a le mérite de l’exclusivité et du courage, comme en témoigne la liberté de ton dont témoignent les paroles de sa chanson traduites (en anglais) sur la page d’où est exportée cette vidéo.

…nous espérons maintenant
Unis à partir de maintenant
Plus de maltraitance des enfants, plus de violence faite aux femmes
Plus de choses qui se font en silence…