Prix Nobel du n’importe quoi

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Hier, alors que je travaillais (mollement) pour le boulot qui me paye, j’ai vu arriver sur ma boîte mail une alerte info de chez 20 minutes, qui appelle ça une “Breaking News”, qui disait en substance : Le prix Nobel de la Paix 2012 décerné à l’Union européenne.

J’imagine que vous êtes au courant, mais moi à ce moment pas. Alors j’ai cliqué sur le titre de la “Breaking News” pour aller jusqu’à l’article qui m’informait en titre… Le Nobel de la Paix attribué à l’Union Européenne.

J’étais bien avancé ! Mais en tête d’article, le chapeau m’en disait plus : MONDE – Pour avoir pacifié un continent coutumier des guerres… Oui, points de suspension compris.

Alors j’ai supputé, et dans ma tête j’ai cherché le continent que l’Union européenne avait bien pu pacifier.

L’Afrique ? m’interrogeais-je, confondant avec la visite de notre Président au Sénégal où il n’était pas encore arrivé pour prononcer un beau discours. J’avais quelques doutes sur une opération éclair au Mali qui aurait délogé Aqmi du Nord. Je n’étais pas persuadé que l’opération de dézingage de Kadhafi en Libye l’an passé avait vraiment pacifié le continent. Je n’étais pas convaincu de l’engagement flagrant de l’Europe auprès des révolutions arabes ni de leurs résultats probants en matière de pacification. Je n’étais au courant de rien concernant le pillage des richesses qui continuent sur le continent, agricoles provoquant des famines ou minières entraînant des guerres…

Bref.

L’Asie ? Sans aller jusqu’en Chine ou en Inde où ni la mondialisation ne me paraît avoir d’effets pacifiques ni la politique étrangère de l’Union européenne d’effets tout court, je voyais mal la pacification réussie en Afghanistan après 11 années de guerre aux côtés du patron étasunien de l’Otan ni la libération de la Palestine, malgré les efforts discrets de notre diplomatie.

Alors j’ai lu l’article et j’ai compris. Le continent pacifié était le nôtre, notre vieille Europe, où l’Union européenne a “contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme…”

Mouais.

Au-delà de la pirouette historique (l’Union européenne existe depuis 1992 et le Traité de Maastricht, ce qui fait plutôt deux décennies…), j’avais quelques doutes sur la pacification, et son ressenti par les millions de chômeurs victimes de la violence sociale ou les millions de salariés sacrifiés dans divers plans d’austérité, en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie et bientôt chez nous messieurs dames… sur la réconciliation entre les spéculateurs, financiers, grosses fortunes, patrons pigeons, etc. et les millions de pauvres qui peinent à joindre les deux bouts… sur la démocratie dans un système où les décisions sont prises tellement loin de ceux qu’elles concernent… ou sur les droits de l’homme, notamment de ceux qui n’ont pas le droit à la parole dans cette Europe de liberté, les milliers d’immigrés clandestins parqués ou noyés à nos frontières ou les Roms qu’on ne sait comment intégrer ni dans quel pays…

Bref. Je trouvais ça un peu farce et j’avais peur de casser l’ambiance, quand je suis tombé sur le communiqué de Jean-Luc Melenchon, dont je ne résiste pas à l’envie de le reproduire ici :

On comprend qu’elle n’ait pas reçu le prix nobel d’économie tant sa politique aggrave la crise et le chômage.
Certes, l’Union européenne a garanti la paix aux marchés financiers, aux spéculateurs et aux profits bancaires.
Mais ne mène-t-elle pas une guerre contre les peuples qui la composent et leurs droits sociaux ?
Dans ces conditions, autant lui accorder aussi le prix nobel de littérature pour la qualité littéraire de ses traités.
Le comité nobel mérite quant à lui, le prix nobel de l’humour noir !

Bon, tout est dit et je peux aller prendre l’apéro. Pour fêter autre chose que ce Nobel à 2 balles (belle allitération, non ?)

Et l’image ? En voyant tous ces drapeaux étoilés qui illustraient les articles de mes confrères, j’ai eu un peu le tournis, alors de fil en aiguille, de Nobel à 2 balles en Nobel oublié, je suis arrivé, en cherchant une image aux bonnes dimensions que je n’aurais pas à recadrer… chez moi. C’est donc une image d’un vieux billet d’il y a plus de deux ans que j’ai mis là. Elle représente Bhimrao Ramji Ambedkar, père de la constitution indienne. Le lecteur ou la lectrice qui trouvera le rapport avec nos belles gagne… On verra quoi.

(photo Slogan Murugan)

L’avantage de la photo du jour c’est qu’elle nous amène tout doucement et sans transition en Inde, pour le 3e (et dernier?) épisode de notre série inspiration.

Qui saura identifier dans ces 4 vidéos les 4 morceaux originaux qui les ont inspirées ?

  1. Zindagi Milke Bitayenge, par Kishore Kumar, Rahul Dev Burman, Sapan Chakravorty et Bhupinder Singh
  2. Kahin Na Ja, par Kishore Kumar et Lata Mangeshkar
  3. Koi Nahin Tere Jaisa, par Akshay Kumar, Saif Ali Khan, Raveena Tandon, Sonali Bendre, etc.
  4. Jaane Mujhe Kya Hua, par Aamir Khan et Mamta Kulkarni