Comme un lundi

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Je déteste les phrases toutes faites…

Je sais, je l’ai déjà écrit ailleurs, mais ça reste vrai. Il faudrait d’ailleurs (oui aussi) que j’en fasse un jour l’inventaire. Parmi le top de mes détestations, aux côtés de “On a la vie qu’on se fait”, que je n’ai pas osé traduire à quelques Indiens vivant sur les trottoirs de Bombay et pas seulement parce qu’ils croient au karma, et de “Ça va comme un lundi”, qui au-delà d’être douteux sémantiquement est typiquement peu informatif et dont je réalise que je l’ai déjà utilisé jadis en titre d’un autre billet, il y a le fameux “Ça pourrait être pire”.

Cette phrase est régulièrement utilisée par les résignés qui légitiment ainsi leur soumission au pouvoir et autres oppressions. A ceux-là, quand j’y pense, je cite Bertolt Brecht dont j’ai découvert cette pensée moins servile taguée un jour sur un mur de ma ville : Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. Parfois ils comprennent. “Ça pourrait être pire” se décline parfois en “Il y a pire ailleurs”. Ce qui ne laisse pas de m’étonner dans la bouche de ceux-là même qui vous diront à une autre occasion que “C’est partout pareil”.

Bref. C’est lundi et on reprend le boulot. Et pour ceux qui ne savent pas toujours trop bien où se trouve l’ailleurs du pire, j’ai trouvé quelques images édifiantes, dont il faut aller lire le rapport d’Human Rights Watch qu’elles illustrent pour mieux les comprendre. Elles ont été prises à Dhaka, la capitale du Bangladesh, où les 15.000 ouvriers des tanneries, dont des gamins de 12 ans qui travaillent jusqu’à 14 heures par jour, sont littéralement empoisonnés par leur travail. Chaque jour de la semaine et pas seulement le lundi.

Mais parce que la vie n’est pas monochrome, je vous ai ajouté une dernière image à la très belle série réalisée par Arantxa Cedillo pour Human Rights Watch. Parce que c’est cette image d’un gamin qui s’envole sur des déchets de tannerie qui m’a amené jusqu’au rapport d’Human Rights Watch et parce qu’elle dit que même là où ça ne pourrait pas être pire, il y a la place pour des instants de grâce…

Bonne semaine.

(photos : Arantxa Cedillo, Andrew Biraj)

Nabiha (Bensouda) est une chanteuse Danoise, avec quelques racines africaines et les dents du bonheur. Après avoir conquis le cour et les oreilles de ses compatriotes, elle s’attaque au reste du monde, avec un prévisible succès. Never played the bass est un tube qui parcourt la planète et qui se devait un jour ou l’autre d’arriver ici :