Réjouissances

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En vous proposant samedi dernier une mini-mosaïque de Jacques Brel et la mort, je n’imaginais pas un instant qu’elle était juste une anticipation sur l’actualité.

Pourtant, on a ri, on a dansé, on s’est amusé comme des fous, mardi dernier à travers toute la Grande-Bretagne, à l’annonce de la mort de Margaret Hilda Thatcher, sur l’air de Ding Dong ! The Witch is dead, qui s’est vite transformée en The Bitch is dead.

Autant dire que l’image de l’Angleterre ravie de son sort après la transformation opérée pendant le long (1979-1990) règne de la dame de fer se lézarde un peu. On attendra peut être la mort d’Angela Merkel pour nous montrer la face cachée du “miracle allemand”.

Bref.

Comme les Britanniques excédés du dogme ultralibéral, sans alternative, et comme Greg Whitehurst, un ancien mineur photographié chez lui et exprimant une joie teintée d’une certaine rancœur à l’égard d’une fossoyeuse de la classe ouvrière comme des opposants irlandais, je me réjouis que s’exprime le désir d’un autre monde, possible malgré tout ce qu’on nous en a dit et que les successeurs de Miss Maggie, en Grande-Bretagne comme en France, à droite comme à gauche, continuent de nous asséner.

Et que vivent nos alternatives imaginatives.

(photos : David Moir, Olivia Harris, Leon Neal, Jeff J Mitchell, Sang Tan, Brixton Buzz)


En plus d’être la devise de Madame la Baronne, Il n’y a pas d’alternative est le titre d’un livre de Bertrand Rothé et Gérard Mordillat, qui commence par une énumération de ces alternatives soit disant inexistantes :

  • Il n’y a pas d’alternative (Margaret Thatcher)
  • Il n’y a pas d’alternative au nucléaire (Valery Giscard d’Estaing)
  • Il n’y a pas d’alternative à la pause (Jacques Delors, 1983)
  • Il n’y a pas d’alternative au plan de rigueur (François Mitterrand, 1983)
  • Il n’y a pas d’alternative à la disparition de la sidérurgie en France (François Mitterrand)
  • Il n’y a pas d’alternative à la déréglementation boursière (Jean-Charles Naouri)
  • Il n’y a pas d’alternative à la mort de Pierre Desproges (Pierre Desproges)
  • Il n’y a pas d’alternative à la dévaluation compétitive, c’est à dire à la stagnation des salaires (Pierre Bérégovoy)
  • Il n’y a pas d’alternative aux privatisations (Jacques Chirac)
  • Il n’y a pas d’alternative aux pesticides, aux insecticides, aux fongicides
  • Il n’y a pas d’alternative à la privatisation de la régie Renault (Michel Rocard)
  • Il n’y a pas d’alternative à la guerre du Golfe (Georges Bush)
  • Il n’y a pas d’alternative à Maastricht (François Mitterrand)
  • Il n’y a pas d’alternative aux Restos du Coeur (Le conseil d’état qui les reconnait d’utilité publique)
  • Il n’y a pas d’alternative à l’indépendance de la banque de France (l’europe)
  • Il n’y a pas d’alternative à payer les jeunes en dessous du SMIC (Edouard Balladur)
  • Il n’y a pas d’alternative à l’euro
  • Il n’y a pas d’alternative à la baisse de la fiscalité des stock-options (Dominique Strauss-Kahn)
  • Il n’y a pas d’alternative à la baisse de la fiscalité des entreprises (Laurent Fabius qui succède à Dominique Strauss-Kahn)
  • Il n’y a pas d’alternative à la baisse de l’impôt sur les sociétés (Laurent Fabius)
  • Il n’y a pas d’alternative à la montée de l’insécurité avant les campagnes présidentielles (Jacques Chirac)
  • Il n’y a pas d’alternative à la disparition de l’entreprise Moulinex (Pierre Blayau, PDG de l’entreprise qui la quitte avec 2 millions d’euros de prime)
  • Il n’y a pas d’alternative au projet de constitution européenne (nos élites politique et médiatiques)
  • Il n’y a pas d’alternative à porter la période d’essai d’un contrat à durée indéterminée à deux ans pour les moins de 25 ans (Dominique de Villepin)
  • Il n’y a pas d’alternative au bouclier fiscal (Dominique de Villepin)
  • Il n’y a pas d’alternative à payer les footballeurs de l’équipe de France des ponts d’or (Raymond Domenech, qui ne s’oublie pas au passage)
  • Il n’y a pas d’alternative à l’allongement de l’âge de la retraite (Nicolas Sarkozy)
  • Il n’y a pas d’alternative à la disparition de l’impôt de solidarité sur la fortune (Nicolas Sarkozy)

La liste est loin d’être close. Mais chacune de ses non alternatives assénée est un appel à notre imagination…

J’aurais pu vous composer une mosaïque des chansons anti-Thatcher, mais vous en trouverez tellement plein le Net (comme ici ou ).

J’ai voulu vous passer Putain de toi, par Georges Brassens, mais je n’en ai pas trouvé de vidéo où on le voit.

Alors ?

Avec tout ça, j’ai eu juste le temps de dénicher Joan Baez chantant Bread and Roses, qui fut aussi en 2000 un des beaux films de Ken Loach, lequel a fait aussi le meilleur commentaire sur l’enterrement à plusieurs millions de la sorcière-putain :

“Margaret Thatcher fut le premier ministre le plus diviseur et destructeur des temps modernes : chômage de masse, fermeture d’usines, des communautés détruites, voilà son héritage. Elle était une combattante et son ennemi était la classe ouvrière britannique. Ses victoires, elle les a obtenues grâce à l’aide des figures politiquement corrompues du Parti travailliste et de nombreux syndicats.C’est à cause des politiques mises en place par elle que nous sommes aujourd’hui dans cette situation. D’autres Premiers ministres ont suivi son exemple, notamment Tony Blair. Elle a tiré les ficelles, il fut sa marionnette. Souvenez-vous qu’elle a qualifié Mandela de terroriste et qu’elle a pris le thé avec Pinochet, ce tortionnaire et assassin. Comment lui rendre hommage ? En privatisant ses obsèques. Faisons jouer la concurrence et allons au moins offrant. C’est ce qu’elle aurait fait.” Ken Loach