Changer le monde, avant que le monde nous change ?

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Sur abcdetc, il y a de longs billets avec peu d’images et des articles laconiques abondamment illustrés.

La ligne éditoriale est fluctuante. Oui !

Bref.

Si je vous propose aujourd’hui près d’une quarantaine de photographies en provenance de Madrid, c’est pour vous donner une idée des tonnes d’ordures, des montagnes de déchets, des monceaux d’immondices qui envahissent les rues de la capitale espagnole depuis que les quelques 6.000 éboueurs et autres employés des services de nettoyage et jardinage de la ville ont voté en bloc une grève illimitée, le 5 novembre dernier.

Ces employés des 4 sociétés privées auxquelles la Ville a confié ce service public s’opposent au plan de licenciement et aux baisses de salaires que veulent imposer leurs employeurs après avoir serré leurs prix pour emporter ce marché public : suppression de 1.135 postes et, pour ceux qui auront la “chance” de rester, baisse de 40 % des salaires … compris actuellement entre 900 et 1.100 euros,selon Ramon Gorriz, porte-parole du syndicat UGT.

Des salaires en effet bien trop élevés ! Enfin si l’on en croit les experts de l’OCDE qui viennent de dénoncer le niveau trop élevé du SMIC français, estimant (je cite Le Figaro) que “comparés à leurs voisins européens, qui sont leurs concurrents directs, les Français ne travaillent pas assez, et lorsqu’ils travaillent, ils sont trop payés pour ce qu’ils font”.

Je n’ai pas trouvé le salaire mensuel des experts de l’OCDE, auxquels je n’aurais personnellement pas versé une roupie pour écrire de telles obscénités, mais leur raisonnement poussé à l’extrême pourrait inspirer les penseurs libéraux adeptes de développement durable : quand les salariés ne gagneront plus de quoi bouffer, ils produiront bien moins d’ordures et on pourra réduire sans dommage les effectifs.

Vous remarquerez peut être que j’ai intercalé dans les photos du jour, des images plus anciennes d’ordure plus ordonnées. Elles ont été prises à Madrid également, mais il y près de trois ans, quand le plasticien Ha Schult avait installé dans la capitale son Corona Beach Garbage Hotel, fabriqué à partir de 12 tonnes de déchets récupérés sur les plages européennes et censé dénoncer la pollution de nos littoraux.

“Nous devons changer le monde, avant que le monde nous change”, commentait alors le plasticien. Banco ! Dans un monde et une époque où les esprits sont encore plus pollués que les plages, je conseille aux éboueurs madrilènes de changer de métier et de se faire plasticiens : avec les cotes qu’atteint actuellement le marché de l’art et avec les ordures accumulées dans Madrid depuis 10 jours, ils auront de quoi compenser largement leur baise (il n’y a pas de coquille) de salaire !

Et pour ramasser les ordures ? Il n’y aura qu’à envoyer les experts de l’OCDE…

(photos : Juan Medina, Sergio Perez, Isabel Permuy, Francisco Seco, Daniel Ochoa de Olza, DR)

Les noirs n’excellent pas que dans le ramassage des ordures, en musique aussi ils ont un sacré talent. C’est ce que s’est dit le compositeur canadien Danny Michel (après tant d’autres) en allant jusqu’au Belize pour enregistrer son dernier album, Black Birds Are Dancing over Me, avec The Garifuna Collective. Un disque dans lequel il n’y a rien à jeter…