Deuil international

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Tellement à l’unisson dans son deuil (presque) unanime et international en hommage à Nelson Mandela, le monde en a pratiquement oublié un deuil plus national qui s’est déroulé jusqu’à hier.

Le président autoproclamé de Centrafrique, Michel Djotodia, a enfin annoncé samedi dernier trois jours de deuil national, en mémoire des victimes des massacres interreligieux qui ont ensanglanté Bangui, jeudi 5 décembre, faisant près de 400 morts.

Depuis, l’armée française s’est déployée dans la capitale, en appui à une force africaine déjà présente, pour tenter de ramener l’ordre et la sécurité. Mais les nouvelles en provenance de Centrafrique laissaient hier encore planer des doutes et des menaces pour la population.

Des dizaines de milliers de personnes ont cherché refuge où elles le pouvaient, comme au monastère de Bangui où a été prise cette photo. Une seule photo pour des milliers de personnes. Une femme encore, accompagnée de ses deux enfants. Qui ne demandant sans doute qu’à vivre en paix. A vivre, simplement.

Et je me demande toujours, impuissant face à ses nouvelles de violence, pourquoi les hommes mettent tellement plus d’énergie à se combattre qu’à s’aider à vivre. Question naïve, je sais.

Je ne sais quoi dire d’autre aujourd’hui. Que ma toute petite solidarité humaine et une pensée de partage panafricaine, du sud au centre et au delà…

(Photo/Jerome Delay)

On m’interroge parfois pour savoir pourquoi ces billets quotidiens se terminent toujours en musique.

Pour changer d’air. Sans oublier. Pour espérer. Pour voir une énergie créatrice à l’œuvre. Pour la beauté gratuite. Pour le souffle.

Et aujourd’hui pour accompagner un vœu puisqu’en arrive la période.

Playing for Change a enregistré sa chanson de Noël avec un peu d’avance à Sao Paulo au brésil, avec Tal Ben Ari “Tula” qui est venue d’Israël, Titi Tsira d’Afrique du Sud, Mermans Mosengo et Jason Tamba du Congo, Louis Mhlanga du Zimbabwe, Tom Canning et Peter Bunetta de Californie, et bien sûr Grandpa Elliott de la Nouvelle Orléans !

Puisse Noël ne pas être un sale moment de simple consommation … ou de violence “gratuite”.