Tant qu’il y aura de l’argent…

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Slide 1

En apprenant la nouvelle l’autre jour à la radio, je me suis posé trois questions.

Comment font-ils pour calculer ça ? Mais qu’est ce que ça représente ? Comment vais-je l’illustrer ?

La corruption coûte quelque 120 milliards d’euros par an aux 28 pays de l’Union européenne. Bon d’accord, l’article du Monde passe de l’indicatif dans le titre au conditionnel dans le corps de l’article et, comparés au 2000 milliards de la fraude fiscale, les 120 milliards de “l’abus de pouvoir à des fins d’un profit personnel” paraissent bien misérables, mais quand même !

Comment parviennent-ils à déterminer ce chiffre me suis-je d’abord demandé, imaginant les fonctionnaires européens interrogeant les chefs d’entreprise pour savoir combien ils ont lâché pour obtenir leurs parts de chantier ou les politiques pour connaître leurs revenus occultes… Mais la lecture du Rapport anticorruption de la Commission européenne inspire plus de confiance que le président de ladite commission.

“Le coût économique total de la corruption n’est pas facile à calculer. Le chiffre cité se fonde sur des estimations réalisées par des organismes spécialisés comme la Chambre de commerce internationale, Transparency International, l’initiative UN Global Compact, le Forum économique mondial et la publication Clean Business is Good Business 2009, qui suggèrent que la corruption se chiffre à 5 % du PIB au niveau mondial. Voir aussi la communication de la Commission sur la lutte contre la corruption dans l’Union européenne du 6 juin 2011.” (Note en page 3 du rapport)

Faisons donc confiance au chiffrage et passons à la deuxième question. J’avais déjà un peu de mal à me représenter les 650.000 € du prix d’un passeport maltais, alors avec l’équivalent de près de 3077 passeports !

Je me suis donc livré à quelques recherches et calculs pour vous donner, à vous aussi, une idée d’une somme dont vous ne verrez jamais la couleur (à moins que vous ne comptiez parmi les corrompus…)

120 milliards, c’est à peu près 1,5 fois le montant de l’impôt sur le revenu en France (tellement trop élevé ! air connu ) et 4 fois celui de l’impôt sur les sociétés (bis).

120 milliards c’est 90% du budget de l’Union européenne.

120 milliards, c’est plus que les fortunes réunis des deux hommes les plus riches du monde (Carlos Slim et ses 54 milliards et Bill Gates et ses 50…)

120 milliards c’est plus que les fortunes des 500 premières fortunes françaises, qui avec leurs 110 milliards ne sont pourtant pas à plaindre.

120 milliards, c’est environ le “poids” des fonctionnaires dans le budget de l’État.

120 milliards c’est 106.382.979 fois le smic. Soit, pour simplifier, 4 ans de revenus des 2,2 millions de smicards français. Vous savez, ceux dont le coût du travail est tellement insupportable.

Ça commence à vous dire quelque chose ? Non ? Alors essayons autre chose.

J’ai googelisé “milliard(s) d’euros” dans les actualités et fait l’addition pour voir ce qu’on peut payer avec 120 milliards :

Je sais. Ça évoque un peu Prévert et il y a 500 millions qui dépassent. Mais j’adore Prévert et on ne va pas chipoter pour un demi milliard. De toutes façons le rapport sus-cité parle d’une estimation.

Bref.

Reste juste la troisième question : comme illustrer un billet pareil ?

Après le travail de recherches et de calculs qui précède, je n’allais pas en plus compiler des images pour 120 milliard. Ou 120 milliards d’images !

C’est pourquoi je ne vous en propose qu’une, d’une jeune Indienne brandissant un billet de … 0 (zéro !) roupies. Une idée d’ONG locales pour aider à lutter contre la corruption. Une illustration aussi – à sa manière – de la phrase qui m’a trotté dans la tête tout le temps de l’élaboration de cet article :

“Tant qu’il y aura de l’argent, il n’y en aura pas assez pour tout le monde.”

(photo : 5th Pillar – Corruption Killer)

Il y a 50 ans (et un jour), les Beatles débarquaient aux États-Unis. J’avais pensé en faire un billet, avant d’être détourné par les grenouilles et la corruption. John Lennon avait bien raison de dire que “la vie c’est ce qui se passe quand on avait prévu autre chose” (je sais, je l’ai déjà citée plusieurs fois…).

Bref.

Après vous avoir rappelé que Yesterday est sans doute la chanson la plus reprise de tous les temps, je vous propose 9 autres reprises.

Avec, dans un ordre hypothétique :

  1. Petula Clark (pour me faire pardonner le report de la mosaïque consacrée à Diana Rigg) : The Fool on the Hill
  2. Jo Cocker, bien sûr, et son inoubliable With a little help from my Friends, 33 ans après Woodstock
  3. Ray Charles dans une somptueuse interprétation de Let it be
  4. Aretha Franklin, superbe, qui réinvente Eleanor Rigby
  5. Tina Turner (et Ike) qui dynamite Get back
  6. Deep Purple, qui nous surprend, dans Help
  7. Les Compagnons de la Chanson qui donnent la touche francophone avec Le Sous-marin vert. Ah, quelle belle époque !
  8. Mina pour l’italian touch et un sacré medley où je n’ai pas tout identifié (avis aux spécialistes !)
  9. Peter Seller dans la reprise la plus étonnante et une interprétation très… classique de A Hard Day’s Night