En pensant à celles qui ne sont pas “mes” filles…

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Je ne suis pas allé au rassemblement #BringBackOurGirls organisé hier soir dans la ville voisine de la mienne par les militantes d’Osez le féminisme 69.

Pas seulement parce que j’étais quelque peu décalqué par presque une journée de voyage ou que je n’avais pas envie de m’afficher aux côtés de Gérard Collomb (qui n’était peut être pas au rassemblement, d’ailleurs…)

Même si je n’ai rien contre le féminisme (surtout en 69…)

Même si, surtout, je partage la révulsion planétaire contre les agissements de Boko Haram, qui n’est pour moi même pas un secte mais une organisation de bandits, sans aucun rapport avec l’Islam, comme l’ont rappelé diverses autorités religieuses

Mais j’ai un peu de mal avec la révulsion planétaire, avec la submersion des réseaux dits sociaux, avec l’engouement pour UNE cause et l’occultation de centaines d’autres, avec la bonne conscience que l’on se donne en trouvant un vrai bon salaud que l’on peut dénoncer “tranquillement”.

J’ai un peu de mal aussi ce soir à mettre tout ça en forme pour vous offrir une réflexion posée. Mais j’ai envie de demander à Michele Obama de faire davantage pression sur son président de mari que sur une opinion publique unanime ou aux “stars” françaises de s’engager pour d’autres causes en signant des pétitions qui seront plus lues que celles qui s’adressent à Aboubakar Shekau, qui préfère sans doute s’exhiber en vidéo que lire les demandes de clémence qui lui sont adressées.

Et puis je suis toujours aussi gêné de cette appropriation douteuse. Bring back our girls. Rendez-nous nos filles. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur cette douteuse dérive qui fait des enfants des autres nos enfants, nous entraînant dans une empathie excessive, nous privant d’une réelle réflexion que remplace la réactivité, amplifié par le retweetage et le repostage en boucle. Jusqu’à épuisement ? Qui ne correspondra peut être pas avec la libération des jeunes lycéennes otages de salauds.

Ce n’est pas la peine d’en rajouter dans l’horreur pour qu’elle soit encore plus médiatique et “partageable” dans le grand réseau planétaire. Comme il n’était pas non plus la peine de détourner les images, comme le dénonce la photographe Ami Vitale dont le cliché de cette femme en Guinée-Bissau en 2000 a été détournée pour alerter sur le sort des femmes au Nigeria en 2014 ! En y ajoutant même une larme.

Sans larme, mais avec une pensée d’espoir… Que je ne photographierai pas pour mettre sur des comptes T. ou F. que je n’ai toujours pas.

(photos : Sunday Alamba, Phil McCarten, Manuel Balce Ceneta, Olivia Harris, Ami Vitale, DR)

Même si les enfants otages du Nigeria ne sont pas mes filles, j’ai parfois envie de croire en la fraternité humaine. Qui fonderait une famille ?

Entre Abidjan et Bruxelles, j’ai découvert ce clip de Lokua Kanza chantant … Famille.