Plus c’est gros, moins ça passe

,

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6

«Quand je me regarde je m’inquiète, quand je me compare je me rassure.»

J’ai longtemps cru, en toute confiance envers la personne qui m’avait “offert” cette citation, qu’elle était de Nietzsche. Mais en cherchant à vérifier via Internet, je l’ai trouvée attribuée à Talleyrand, De Gaulle, Pagnol et même au bon sens québécois qui en aurait fait un proverbe sous la forme «Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console»

Ça c’est un copier-coller d’un article où j’ai déjà utilisé cette citation. J’espère que google ne me le comptera pas en “duplicate content”.

Ceci dit, il faut quand même que j’écrive un peu quelque chose de neuf.

La mort du Mexicain Manuel “Meme” Uribe est encore plus anecdotique que la disparition de l’Ambassador, qui a quand même une symbolique politique non négligeable, comme le rappelait hier une lectrice encore quelque peu indianisée. Pourtant, elle est largement plus médiatisée dans la francophonie que la disparition de la plus ancienne voiture indienne… et du monde.

Pour ma part, c’est par un journal étasunien que j’ai été informé hier matin et, si j’ai choisi d’en faire le sujet du jour, ce n’est pas tant par goût du sensationnel que poussé par je ne sais quelle envie de prendre encore quelques chemins buissonniers face à l’actualité si peu souriante du monde. Les fameux 5% de détente de ce blougui.

Et aussi, à cause de la phrase de Nietzsche, De Gaulle, Pagnol ou Talleyrand. Et du proverbe québecois.

En effet, si comme chaque matin je me suis levé hier avec une certaine lourdeur, voire une certaine tristesse en observant à la dérobée dans le miroir de la salle de bain mon ventre de cinquantenaire où la mousse de chocolat a remplacé les tablettes du même nom, mon inquiétude s’est transformée en soupir de soulagement lorsque j’ai fait la connaissance de Manuel Uribe qui venait de mourir, à 48 ans.

Et 390 kilos.

L’ex-recordman Guiness, détenteur du titre de l’homme le plus gros du monde en 2006, avec 560 kilos, avait réussi à en perdre 260 avant son mariage en octobre 2008, dans son lit dont il ne pouvait pas se lever. Ce qui lui évitait le miroir de la salle de bain… L’amour faisant grossir, Manuel Uribe avait repris une partie du poids perdu: en décembre 2009, il pesait 416 kilos et 444 kilos en mars 2012. Et donc 390 lundi soir quand il est mort à l’hôpital de Monterrey où il avait été transporté avec une grue. C’est en camion qu’il a été conduit au crematorium de la ville.

Du haut de mes 52 ans et du bas de mes 85 kilos, j’avoue que la mort de Manuel Uribe, si elle ne m’a pas mis en joie, m’a redonné une certaine vitalité.

Je ne sais pas ce qui m’a pris de chercher si le Guiness book avait jamais identifié l’homme le plus maigre du monde. Cela m’a mené tout droit au Soudan du Sud, qui vient d’obtenir une aide de 600 millions de dollars pour lutter contre la famine qui menace 4 millions de personnes, soit un tiers de la population, condamnées parfois à manger “de l’herbe et des racines”.

Quand je me compare, je me rassure (peut être). Mais c’est le monde qui me désole…

(photos : Monica Rueda, Edgar Quintana, Daniel Becerril)

Oui, je sais il y a déjà une vidéo au-dessus.

Mais le monde a aussi besoin de musique pour (nous) se consoler.

Chassé par la guerre de son studio de Diré dans la région de Tombouctou où il est ingénieur du son, Anansy Cissé a trouvé refuge à Bamako, d’où nous parvient son premier disque comme musicien, Mali Overdrive. Un peu de blues pour poursuivre la journée…