L’attente

Slide 1
Slide 2
Slide 3
Slide 4
Slide 5
Slide 6
Slide 7
Slide 8
Slide 9
Slide 10
Slide 11
Slide 12
Slide 13
Slide 14
Slide 15

La vie est parfois traversée de bien belles coïncidences.

Ainsi hier, après avoir besogné sur un billet un peu bancal sur l’Afrique, j’ai reçu la lettre d’information d’Africultures, avec une toute belle photo dans son en tête, signée Daou Emmanuel Bakary. Je suis allé voir les autres photographies de sa série Vide et absence, présentée en 2011 à Bamako sous un autre titre : Rester et partir.

De cette toute belle collection d’images, j’ai retenu 15 clichés, qui parlent tous de départ et d’absence, d’attente et de vide, de nostalgie de l’autre, de pensée au loin. J’ai repensé à cette immense différence entre l’expatriation, majoritairement des habitants du nord de la planète, et l’émigration, qui touche davantage ceux du sud. Et qu’on nomme chez nous immigration. Et dont on oublie si souvent, trop facilement dans certains discours, qu’elle est la cause d’une vie trop difficile, d’une impossibilité parfois vitale de rester chez soi, d’une quête éperdue d’un mieux vivre ou d’un simplement survivre.

Quand je pense à ma fille exilée, je sais quand elle reviendra. Et je peux savourer à l’avance la joie de la retrouver. Ce qui me différencie tellement de ceux qui ne savent même pas si l’autre reviendra, s’il y aura un jour des retrouvailles, si la séparation n’est pas aussi définitive qu’un deuil.

C’est cette attente sans espoir, cette pensée de l’autre englouti dans l’émigration, cette absence palpable, cette tristesse au long cours, qu’Emmanuel Bakary Daou a magnifiquement captés dans ses photographies en clair obscur, en contraste, en souffle suspendu.

Je rêve d’un monde où “toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays”, comme l’écrivaient en 1948 les rédacteurs de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme dans son article 13…

(photos : Emmanuel Bakary Daou)

Je sais que certains lecteurs ont été déçus que ce blougui oublie de rendre hommage à Hervé Cristiani, disparu dans la nuit de mardi à mercredi derniers, à l’âge de 66 ans.

Alors, pour vous consoler, je vous propose un mosaïque spéciale, où vous pourrez voir qu’il y a un avant Il est libre Max. Et un après. J’ai notamment trouvé fort savoureuses les vidéos du passage d’Hervé Cristiani au Petit conservatoire de Mireille, en 1971-72, à une époque où les radios crochets n’étaient pas devenus n’importe quoi… Et j’ai beaucoup aimé cette phrase de la grande dame de la chanson française, quand elle dit (à la fin de la 2e vidéo) : “Il faut qu’il travaille, parce qu’il a un certain talent.”

Et puisque vous en voulez peut être encore, je vous ai intégré la playlist complète d’Hervé Cristiani chez Youtube. De quoi passer un week end nostalgique… Mais vous êtes libres un max, de ne rien écouter !