Pleins gaz

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L’un des problèmes de ce blougui vient de son organisation, comparable à ma structure mentale.

Je vais vous donner un exemple afin que vous compreniez mieux. J’espère. Parce qu’un de mes autres problèmes est justement de souvent ne pas bien me faire comprendre.

Bref.

Hier matin comme souvent, je déjeunais en écoutant les informations à la radio. Parmi le fatras des nouvelles du monde, le journaliste de France-Culture dont j’ai bien connu sa sœur m’informa du lancement de la construction d’un gazoduc géant entre la Russie et la Chine.

Force de Sibérie mesurera 4000 kilomètres de long, avec une capacité de 61 milliards de mètres cubes, pour exporter vers la Chine, à partir de 2018, 38 milliards de mètres cubes par an, afin d’honorer un contrat signé en mai dernier, après 10 ans de négociations, qui porte sur 400 milliards de dollars sur trente ans. Le tout pour un coût estimé de 55 milliards de dollars. (J’ai retrouvé les chiffres dans cet article du Monde, parce que je suis bien incapable de retenir tout ça en écoutant les infos le matin. Et même le soir…)

“ Nous lançons le plus grand projet de construction au monde. Il n’y en aura pas de plus important dans un futur proche ”, s‘est vanté le président russe, Vladimir Poutine, lors de la cérémonie de lancement du chantier, avec soudure du premier tonneau de tubes en acier, à laquelle il assistait lundi soir à Iakoutsk (Sibérie) en compagnie du vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli. Ce dernier se montrant plus modeste et réaliste en précisant qu’il s’agissait en fait du “deuxième plus important passage pour le transport d’énergie sur terre”, comme je suis allé le vérifier moi même dans mes propres sources. Non mais !

Premier ou second, 4000 kilomètres de métal, ça fait un sacré parcours.

Je ne sais pas si c’était l’influence de la rentrée scolaire, mais tous ces chiffres, même approximativement mémorisés, ont commencé à tourner dans ma tête. 4000 kilomètres ça fait quatre fois la longueur ou la largeur de mon pays (si je me souviens bien) et à peine plus que la distance entre Niamey et Paris (ça je suis allé le calculer). Total m’informant aimablement que la vitesse moyenne de déplacement du gaz dans son tuyau est de 30 km/h, il m’était facile de calculer qu’il lui faudrait 133,33 heures pour passer d’un bout à l’autre du gazoduc. C’était un peu plus délicat de convertir ça en jours, à cause des retenues et qu’on n’est pas en système décimal. Mais quand même : 5 jours, 13 heures et 20 minutes ! Eh… Avec les milliards de dollars et d’euros, j’ai toujours un peu de soucis, surtout que je ne suis pas encore totalement revenu du franc. Mais la réponse est facile à trouver : 55 milliards ça nous fait 41,903 milliards. Pratiquement les baisses du “coût du travail” promises aux entreprises “aimées” par notre gouvernement de “gauche” dans le cadre du “Pacte de responsabilité”. Je sais, ça fait beaucoup de guillemets, mais on va les garder pour le cours de français. Il nous reste les milliards de mètres cubes et là je sais que je ne suis pas fortiche… C’est à peine si je me souviens qu’un mètre cube représente mille litres d’eau. Ce qui fait combien de baignoires ? Et combien de temps pour les remplir ? Et est-ce qu’un mètre cube de gaz pèse autant qu’un mètre cube d’eau ? Ou de plumes ? Je me sens noyé en essayant d’imaginer le volume de gaz qu’on va pomper pour le remplacer par du vide, trouant du même coup inexorablement la planète et envoyant en l’air d’autres milliards de mètres cubes de CO2 qui vont encore augmenter l’effet de serre, accélérer le changement climatique et la montée des océans. Sans compter qu’il faudrait aussi convertir ces mètres cube en puissance énergétique, répartir tout ça entre les ménages chinois, qui se chauffent ou se nourrissent, et leurs entreprises qui vont encore fabriquer par millions des petits joujoux plastiques ou technologiques que peineront à acheter les chômeurs français démotivés (ça je sais, c’était plus tard dans la journée…) Sans parler, là encore du coût du travail, qui augmente, tellement sérieusement que, tout aussi sérieusement, on nous prédit de toutes prochaines délocalisations de la Chine vers l’Afrique… Sans compter les dépassement prévisibles du budget du chantier (le coût des JO de Sotchi est passé de 12 à 50 milliards de $ entre 2007 et 2014 : calculez l’augmentation annuelle). Sans oublier la corruption, qui ronge tellement bien la société russe qu’elle pourrait également ronger l’acier du gazoduc… Et alors ?

Alors je passe sur fip. Où Charlie Haden joue Let’s call it a day… Et je me pose devant l’ordinateur pour lire mes mails et regarder les images du monde.

Et là ! Sur quoi je tombe ? Sur ces images de la rivière San Juan, au Mexique, polluée sur plusieurs kilomètres par une fuite sur un oléoduc, causée par un détournement clandestin de pétrole sur l’installation. Il y aurait près de 3000 “vols” de ce type par an, estime la compagnie Pemex qui prévoit plusieurs mois de travail pour ses 300 employés qui nettoient la zone.

Non ! Je n’ai rien calculé. Je commençais juste à imaginer la marée noire en Sibérie et à me demander quelle était la faune du coin, quand j’ai réalisé mon erreur et la différence entre oléoduc et gazoduc (qui peuvent tous eux être des pipelines…) On ne risque que l’explosion !

Vous avez compris  pour la structure ?

(photos : Felix Marquez, Daniel Becerril)

Et en parlant de fip… C’est dans leur sélection de septembre que j’ai pioché José James qui, comme le dit la notice “excelle dans un savant mélange de tout ce que la pop noire a produit depuis cinquante ans, le jazz, la soul, le hip hop et le R&B et de musiques comme le rock et l’électro”.