Sale temps au Pakistan

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Il y a maintenant plus de trois semaines que le Pakistan est secoué par une “rébellion” contre le gouvernement du Premier ministre, Nawaz Sharif, accusé de corruption et de fraudes électorales. Ce qui est d’une banalité affligeante dans ce pays qui n’a de démocratique que le qualificatif.

Ses deux opposants principaux – Imran Khan et Tahir ul-Qadri – qui encouragent les manifestations pour déstabiliser le régime ne sont guère plus recommandables. L’un est une ancienne star de cricket reconverti dans le populisme ; l’autre un imam islamiste qui vit … au Canada.

Ce week-end, les manifestations qui s’étaient jusqu’ici déroulées sans conséquences dramatiques, ont dégénéré. face au 25.000 manifestants qui marchaient vers le siège du gouvernement à Islamabad les policiers ont joué du gaz lacrymogène et de la matraque. (Les manifestants aussi si l’on en croit la première image de la série du jour.) Bilan : 3 morts et près de 500 blessés. Lundi, en représailles, les manifestants s’en sont pris à la télévision d’État dont ils ont interrompu les programmes.

Hier, avec les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le pays, le pouvoir espérait un reflux des manifestants, mais ceux-ci (tels un président français sur l’Île de Sein) ont fièrement bravé les éléments, continuant de camper dans la “zone rouge” d’Islamabad, à proximité du palais présidentiel et du parlement, où sénateurs et députés tentent de trouver une solution à la crise, en évitant – si possible – l’intervention du seul véritable pouvoir du pays : l’armée. Fort occupée heureusement dans sa chasse aux talibans dans le nord du pays.

On espère pour la région et pour le reste du monde, qu’une fois que la pluie aura cessé, le pays ne s’enflammera pas, comme l’écrivent certains de mes confrères. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’en plus de détenir les vraies clefs du pouvoir, l’armée détient celles de la bombe atomique.

Et contre ça, les bâches en plastique ne protègent de rien…

(Photos : Rehan Khan, Zohra Bensemra, Akhtar Soomro)

Même si ce n’est plus le même pays depuis 1947, je n’ai pas résisté à la tentation de passer un petit morceau – de circonstances – en provenance de Bollywood ! Et j’en ai même trouvé 5 ! (pour les amateurs)