Vogue à l’âme

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Il paraît que certains des articles que j’écris (la plupart?) sont teintés d’une sorte de tristesse, bercés de langueur, empreint d’une mélancolie dont une commentatrice me dit jadis qu’elle était une maladie.

Je me défend chaque fois, non pas de la mélancolie ou de la tristesse que j’ai fini par apprivoiser, mais de leur origine, que je pointe dans le monde sur lequel porte ce regard quotidien et qui n’incite pas toujours à l’euphorie. Mais, même si je ne parviens pas à m’enthousiasmer avec mes “semblables” de la sortie du dernier téléphone déjà obsolète ou du dernier blockbuster toujours plus éloigné de ce que pourrait être le cinéma, je sais bien que je porte une part de “responsabilité” dans la tonalité de mes mots, dans ma manière de regarder le monde.

Et sans aller jusqu’à une culpabilité stérile, j’essaye parfois de réagir, avec une fleur, un rayon de soleil, un cerf-volant, une étoile lointaine qui traversent ces pages souvent si sombres. Avec une part de conscience que mon sourire et ma joie pourraient influencer le monde, même modestement, de manière infime, autant que le monde m’influence. Et qu’il reste toujours une part de possible dans des changements imperceptibles mais réels…

Bref (même si j’ai été déjà bien long).

J’ai trouvé les deux images du jour la semaine dernière, le même jour mais dans deux galeries de confrères différents. Elles représentent bien toutes deux le même garçon de l’ethnie des Dassanetchs, photographié au nord du Kenya, tout près de la frontière éthiopienne. Mais j’ignorais dans quel ordre les mettre, comme dans ces tests qu’on fait passer aux enfants (ou aux adultes) où ils doivent reconstituer une histoire à partir de 4 images. Avec deux photos seulement, cela est plus facile, mais je pouvais cependant choisir deux enchaînements et deux histoires différentes…

Avec la rotation des photos ci-dessus, vous distinguerez à peine le scénario que j’ai choisi : celui de la nostalgie de l’enfant qui quitte au crépuscule le refuge de la proue de sa barque ; ou celui de la douceur d’un moment de repos volé, après le lever du soleil. Vous pouvez aussi inventer votre propre récit.

Je sais que je vais vers le crépuscule, mais je rêve encore d’aubes lumineuses. Comme ce monde parfois sombre que je sais capable d’aurores poétiques. Le monde ne semble pas avoir trouvé la muse qui l’apaise. Je cherche encore où est amarrée ma barque…

(photo : Goran Tomasevic)

De la frontière entre l’Éthiopie et le Kenya à celle qui sépare la Gambie du Sénégal, il n’y a qu’un continent à traverser… Et de l’Afrique de l’ouest à Londres, un autre continent !

Je voulais une musique rythmée, en contraste avec le clapotis du fleuve sur mes états d’âme. Et j’ai trouvé Fofoulah, et ses rythmes chaloupés. Make good. Fais bien, fais le bien ? Là aussi on peut choisir son interprétation…