Revenons à nos moutons

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Le bulletin météo d’hier était sombre.

Pas seulement à cause du basculement – enfin – dans l’automne, mais aussi – surtout – à cause des nouvelles alertes lancées par les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui n’ont fait que rappeler ce qu’ils répètent depuis déjà plusieurs années, en publiant un Résumé pour décideurs de leur dernier rapport, qu’on pourrait résumer en une phrase : “Ça chauffe !”

La température moyenne à la surface de la Terre et des océans a gagné 0,85°C entre 1880 et 2012 et si nous restons sans rien faire, ‘l’augmentation pourrait atteindre 4 à 5°C en 2100. Avec des conséquences désastreuses pour de nombreux pays, catastrophiques pour d’autres et de toute manière terribles pour tous…

Mais les “décideurs” ne semblent pas pressés de décider de réagir pour tenter simplement de limiter la hausse à 2°. Cela fait des années que nous savons qu’il faut limiter les émission de gaz à effet de serre mais, comme le disait Chirac il y a 12 ans déjà, nous continuons à regarder ailleurs pendant que la maison brûle. Notamment du côté de l’argent qui fascine le monde bien plus que l’avenir des populations. Et peu importe si “l’inaction nous coûtera 20 fois plus cher que si nous prenons des mesures” et que “plus nous attendons pour agir, plus ce sera coûteux” ? Les profits à court terme intéressent plus les vrais décideurs que les investissements pour le futur et les générations qui y vivront…

Bref.

Et les moutons ?

J’ai trouvé les graphiques et les cartes du GIEC aussi déprimants que peu esthétiques. Et les moutons bien jolis.

Ils ont été photographiés dimanche à Madrid, où 2000 d’entre eux (accompagnés de leurs éleveurs) ont défilé pour la fête de la transhumance. Et aussi pour alerter sur leurs élevages traditionnels menacés par l’urbanisation croissante et l’agriculture moderne.

Rien à voir avec le climat ?

Pas sûr…

Il existe encore des gens dits sérieux (et sans doute quelques décideurs) pour penser que le pet ovin ou la rumination bovine sont plus producteurs de gaz à effet de serre que l’industrie ou les transports. Et dont les descendants oseront peut être défiler dans les rues des capitales avec leurs automobiles menacées par les changements de mentalité… en 2100 ?

Je ne serai plus là pour le voir. Mais j’espère que les générations futures pourront… vivre. Et que leurs “décideurs” auront cessé de les prendre pour des moutons. Ou qu’ils auront disparu.

(photos : Fernando Alvarado, Andres Kudacki)

Pelijora est un collectif new-yorkais qui se dit inspiré par les musiques d’Éthiopie, de République dominicaine, de Cuba ou du Congo. Leur premier album, Injusticia, est dédié à “ces garçons qui ne savaient pas trop se projeter dans ce monde mais qui ont eu la chance de connaître ce qu’ils aimaient”.