Le soleil de Bagdad

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Il y a des nouvelles qui font sursauter.

Je ne parle pas de la fusillade de lundi soir à Villeurbanne dans laquelle je ne suis nullement impliqué (mais j’en profite pour remercier au passage les lecteurs qui auraient eu peur pour moi…)

Je veux parler de cette information qui m’a sauté aux yeux ce même lundi à la lecture de la lettre d’information du Monde : “L’Irak veut combattre la corruption après la découverte de 50.000 soldats fictifs.”

50.000 ! Mazette ! En comparaison, Chirac, Juppé (et tous les autres qui ne sont pas fait prendre) passent pour de gentils amateurs. On s’étonnera après ça que les troupes irakiennes aient du mal à combattre les combattants de Daesh. Le monde peut trembler, tiens. Même si je me suis pris à rêver, en lisant cette information somme toute réconfortante, à un monde en paix où n’opéreraient que des militaires fictifs.

Ça me rappelle l’histoire du concierge du violoniste que je vous recopie-colle depuis un site de droite pour lequel je n’ai pas envie de faire de pub :

Un violoniste grippé descend chez son concierge et lui demande le service suivant :
― Je ne suis pas dans mon assiette et je ne suis vraiment pas en état d’assurer mon concert de ce soir, ça ne vous dérangerait pas de me remplacer ? Si je n’y vais pas, c’est sûr je suis viré…
― Qui moi ? Mais je ne sais pas jouer du violon enfin…
― Pas de problème, ça se fait tout le temps. Il y a une trentaine de violonistes dans l’orchestre, il suffit de faire semblant et personne ne s’en rendra compte…
Le concierge qui pense à ses étrennes et trouve l’idée marrante, après tout, accepte, enfile le smoking du musicien et file à l’opéra. Il s’installe avec les seconds violons, prêt à faire son cinéma.
Le chef arrive, lève sa baguette et… rien. Pas un son. Sur la scène, il n’ y a que des concierges.

Bref.

Je sais bien finalement que le monde est rempli de gens qui font semblant et qu’on n’est pas à 50.000 près.

Moi même qui vous parle ici chaque jour, je fais parfois semblant de vous écrire un billet pour finalement ne faire qu’une pirouette.

Et comme je n’ai pas trouvé d’image de soldats irakiens inexistants, je les ai remplacé par quelques photos en provenance de Slavkov u Brna, en République Tchèque, où quelques centaines de passionnés se sont amusés samedi dernier à reconstituer la bataille d’Austerlitz à l’occasion de son 209e anniversaire…

Et puisqu’en filigrane on en est à évoquer Napoléon, je ne résiste pas à l’envie de vous citer l’un de mes passages préférés de la littérature française contemporaine, un peu de Queneau glané sur le site des éditions Gallimard (que je n’hésite pas à nommer…) :

– Zazie, déclare Gabriel en prenant un air majestueux trouvé sans peine dans son répertoire, si ça te plaît de voir vraiment les Invalides et le tombeau véritable du vrai Napoléon, je t’y conduirai.
– Napoléon mon cul, réplique Zazie. Il m’intéresse pas du tout, cet enflé, avec son chapeau à la con.
– Qu’est-ce qui t’intéresse alors?
Zazie ne répond pas.
– Oui, dit Charles avec une gentillesse inattendue, qu’est-ce qui t’intéresse?
– Le métro.

Et la prochaine fois, j’essayerai de parler des Martiens !

(photos : Zehl Igor, Petr David Josek)

Cet article étant à la limite du fictif, ne me demandez pas comment j’ai déniché les musiciens de Banda, un groupe ni irakien ni tchèque mais… slovaque, dont le tout nouvel album s’intitule hraBanda.