Obscène ?

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Dans un monde où le pire n’est jamais sûr et toujours dépassé, au-delà de l’indécence, il y a l’obscénité.

Le photographe Christoph Bangert a couvert la guerre en Afghanistan, en Irak ou à Gaza, souhaitant témoigner à travers ses images de l’horreur subie par les populations victimes de ces conflits et alerter nos consciences pour susciter notre révolte. Il a réuni plusieurs de ses photos, refusées pour cause de trop d’horreur, dans un livre paru récemment, War Porn. On y découvre des enfants morts, des corps ensanglantés, des hommes mutilés ou mourant dans des lits d’hôpital…

A travers ces images parfois insupportables, le photographe nous interroge sur les raisons pour lesquelles nous acceptons les conflits si nous ne supportons pas d’en voir les images. Pourquoi juger une photographie obscène, horrible, censurable, si nous n’allons pas jusqu’à dénoncer l’obscénité et l’horreur de la guerre ? Jusqu’à la censurer…

J’ai choisi pour ma part de ne reproduire qu’une seule de ces images. Celle de la petite Sahra, tuée dans un attentat en août 2005 à Bagdad, et que son oncle veille en attendant l’arrivée de sa mère, que le père de Sahra est allé prévenir de la sinistre nouvelle.

Vous pouvez choisir de ne pas voir ou de voir la suite, notamment sur cette série du New York Times, pour lequel Christoph Bangert travaille régulièrement et auquel il a accordé une interview à l’occasion de la sortie de son livre.

“Si nous devenions insensible en regardant ces images, nous ne serions plus humain.”

(photos : Christoph Bangert)

Ce n’est pas vraiment un clip musical, même si les images sont accompagnées d’une musique signée Taggart et Rosewood. Il paraît que la vidéo fait le buzz sur Internet, mais abcdetc étant un peu asocial en matière de réseaux éponymes, c’est en tapant les mots “Porn War” dans un moteur de recherche que je suis arrivé jusqu’à Drone Boning .

Je vous laisse découvrir ce court métrage de Ghost + Cow, un duo de réalisateurs de clips et de publicités, qui illustre le vieil adage : “Faites l’amour, pas la guerre…” et pourrait donner aussi – on l’espère – quelques idées de recyclage pour ces tueurs modernes que sont les drones.