Message(s) personnel(s)

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Slide 1

Je ne savais pas comment terminer l’année.

Enfoui dans tant de sensations et de pensées dévorantes qui m’assombrissent et me font sombrer, je ne parvenais pas à trouver des mots pour dire Noël à ma manière, au delà du mercantilisme et de la fièvre dévoreuse, au delà des symboles piétinés et aussi dénués de sens que les arbres de feuilles en cette saison, au delà des clichés et des injonctions toutes faites qui ma paralysent. Au delà de tout le déjà dit. En cherchant en moi le sens de tout cela autant que le sens du monde.

Je sais, ça fait beaucoup. Je ne parviens pas toujours à mettre une mesure à mon ambition.

J’ai bredouillé à trouver les mots justes au fond de ma tristesse si peu comparable à la misère du monde que j’en ai presque honte.

Alors, imparfaitement, j’adresse ce(s) message(s) personnel(s) :

A Dieu. Parce que c’est Noël, nom de Dieu ! Même si les 364 autres jours méritent aussi qu’on leur accorde de l’attention, de la pensée, un peu de bienveillance, un peu du très peu qu’on peut faire pour que le monde se donne une chance de changer. Malgré le sentiment d’impuissance qui est le mien aujourd’hui, j’ai envie de croire à la lumière de quelque part

Aux citoyens du Monde, à chacun des hommes et femmes dont les visages ou les gestes ont défilé toute cette année dans les pages de ce blougui. Dont j’ai partagé pour un instant les destinées, avant de les oublier un peu trop, pris par l’actualité comme un vulgaire prompteur. Leur dire que je leur souhaite un peu de lumière à chacun, un peu de bonheur, un peu de paix. La vie, simplement, même si je ne sais pas toujours, comme l’amour.

Aux puissants de ce monde qui écrasent trop souvent de leur suffisance…

Aux impuissants qui espèrent.

Aux faibles qui résistent.

Aux combattants de sourire, qui éclairent de joie la grisaille ambiante.

Aux artisans de paix qui ne se découragent pas de toute la haine qui règne.

Aux artistes et aux musiciens, qui sont venus éclairer ces pages. Et dont j’espère encore qu’ils feront rayonner d’autres moments.

A tous ceux qui osent, croient, espèrent, vivent, aiment, habitent ce monde où nous nous croisons parfois sans nous reconnaître.

A vous qui me lisez et partagez parfois un peu de ces regards sur le monde au gré de mes humeurs.

A ceux de ma tendresse…

Et à l’infinité des autres.

La photographie du jour a été prise en Ukraine, le 23 novembre dernier, lors des 81e commémorations de la grande famine de 1932-1933.

(photo : Gleb Garanich)

Le jour où… je pourrai comprendre et accepter la douleur de tout ce qui vient blesser cette trop grande sensibilité qui est la mienne et à cause de laquelle on me traite d’écorché vif, ce qui ne fait que rajouter à ma douleur. J’appellerai ça… le Pardon.

Et puisque j’en suis à penser à Chaplin, je n’ai pas choisi de musique. Juste cette séquence finale de City Lights qui me fait encore pleurer.

Allez. À demain pour la rétrospective en petite année…