Je suis (avec) Noor

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Hier, peu après vous avoir parlé de remise en route difficile, j’ai trouvé la photo de ces deux fillettes sur le chemin de l’école. Pour une rentrée des classes après des vacances d’hiver prolongées.

Oui, et alors ?

Les gamines marchent dans une rue de Peshawar. Et elles se dirigent vers l’école publique militaire. Celle-là même où 134 de leurs camarades de classe ont trouvé la mort sous les balles d’une dizaine de taliban le 16 décembre dernier

Oui. C’est loin le 16 décembre. Et c’est encore plus loin Peshawar. Et l’information est passée tellement vite…

Et nous n’avons pas été nombreux le 17 décembre à observer une minute de silence et de recueillement en pensant à ces 134 enfants. Et il n’y avait pas des dizaines de chefs d’État et de gouvernement à marcher derrière les petits cercueils, “les plus lourds à porter” pourtant.

Hier matin à l’école de Peshawar où la sécurité a été renforcée, Noor, Ali, Anam, Bilal, Mahnoor, Abdul, Faiza, Muhammad et tous les autres pensaient à leurs camarades qui manquaient à l’appel. Certains pleuraient, d’autres rêvaient de vengeance, mais la plupart espéraient juste pouvoir continuer à recevoir l’éducation dont ils ont tant besoin dans ce monde tellement mal élevé.

Et moi, modestement, pendant 5 minutes (après avoir écouté Régis Debray qui parlait – entre autres – de valeurs républicaines et d’éducation…) j’ai rêvé d’une école qui éduque les esprits et les âmes.

En silence pour éviter toute polémique (après avoir entendu Caroline Fourest qui parlait … de la même chose que d’habitude).

(Photo : Khuram Parvez)

Noura Mint Seymali a commencé sa carrière à 13 ans. Selon mes calculs, elle en a une vingtaine aujourd’hui. La fille de Seymali Ould Mohamed Vall (aucun rapport avec qui que ce soit…) et héritière d’une famille de musiciens mauritaniens trace son sillon personnel avec succès. Son disque, Tzenni, fait partie de la sélection 2014 de Soundroots et de RFI, deux de mes fournisseurs de sons favoris. Et elle avait échappé à mes oreilles. Et donc aux vôtres.

Oubli réparé avec cet extrait vidéo.

Et puisqu’il s’agit d’un teaser (taquin ou aguiche en bon français selon Larousse), je propose – à ceux qui auraient été taquinés ou aguichés – d’écouter l’intégralité de l’album de cette jeune “griotte rock”… Non, pas cerise !