Chacun sa croix

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C’est par une photographie dans la galerie quotidienne d’un confrère étasunien que j’ai appris la crucifixion de Roberto Gonzalez à Asuncion (Paraguay).

Bien loin de Pâques, m’a-t-il semblé.

En fait, c’est depuis le 8 décembre – soit bien avant Noël – que Roberto Gonzalez (61 ans) a décidé de se “planter” littéralement devant l’ambassade du Brésil, en compagnie de Roque Samudio (58 ans) et Gerardo Orue (49 ans). Ils ont été ensuite rejoints par Pablo Garcete (71 ans) et Rosa Caceres(52 ans). Et une vingtaine d’autres compagnons se disent prêts à les rejoindre s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

Ce qu’ils demandent ? D’être payés… Comme selon eux 9000 des 40000 travailleurs qui ont participé à la construction du barrage d’Itaipu entre 1975 et 1982 et qui n’ont pas reçu diverses primes de nourriture ou de productivité.“J’ai décidé de me crucifier en souvenir du sacrifice de Jésus-Christ”, a confié Roberto Gonzalez aux journalistes. Ajoutant que la mauvaise volonté des propriétaires du barrage (les gouvernements du Brésil et du Panama) l’avaient poussé à cette “solution radicale”.Les représentants de la centrale hydroélectrique la plus importante du monde (jusqu’à l’entrée en service du barrage des Trois Gorges en Chine) font savoir que ce travailleurs n’étaient pas des employés du consortium bi-national mais qu’ils avaient signé un contrat de travail avec des entreprises de construction.Vive la sous-traitance !Ce n’est pas la première crucifixion de protestation au Paraguay : en cherchant d’autres images, j’ai trouvé des photographies de deux chauffeurs routiers qui avaient procédé de même lors de leur licenciement en septembre dernier. Mais je n’ai pas réussi à savoir s’ils avaient eu gain de cause…En tout cas, même si ça fait marrer certains, si tous les exploités, sous-traitants et autres auto-entrepreneurs du monde décident de se crucifier, on va manquer de bois.

Aux dernières nouvelles, les “crucifiés” de l’ambassade du Brésil devaient être reçus par leur gouvernement.

(photos : Jorge Saenz, Norberto Duarte, DR)

Du Paraguay encore, mais avec moins de souffrance.

L’Orchestre des instruments recyclés de Cateura (Orquestra de Instrumentos Reciclados Cateura) joue Mozart, Vivaldi ou Beethoven, mais aussi les Beatles, Franck Sinatra ou Édith Piaf. Le tout, comme son nom l’indique, sur des instruments fabriqués à partir des déchets récupérés sur la décharge qu’abrite leur bidonville dans les faubourgs d’Asuncion. Les musiciens ont fait l’objet d’un docum fait la première partie de Metallica et tournent à travers le monde, avec pour devise : “Vous nous envoyez des déchets, on vous envoie de la musique”.

Et si vous voulez un bis, allez donc écouter ici la 5e symphonie de Beethoven (que je n’ai pas le droit d’intégrer dans ce blougui).