Sentinelle

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Deux photos pour terminer la semaine. Qui n’ont aucun rapport, sauf qu’elles voisinaient mercredi dans la galerie des photos du jour de mes confrères du Sentinel de Milwaukee dans le Wisconsin.

Sur la première quelques traders à la bourse de New-York pour illustrer les inquiétudes sur les taux d’intérêt étasuniens.

Sur la seconde, Ami et Ashbu, deux enfants de trois ans qui marchent bras dessus bras dessous dans le camp de réfugiés de Zafaye, à quelques kilomètres de N’djamena, au Tchad, qui accueille près de 5000 Centre Africains en fuite devant les combats dans leur pays ou de Nigerians chassés par Boko Haram.

Deux photographies sans rapport donc. Si ce n’est qu’elles viennent du même monde au même moment.  On remarquera que les traders n’ont pas de nom et on peut penser que les enfants africains ignorent sans doute même leur existence.

Comme les traders se foutent bien des enfants africains, mais pas des richesses de leurs pays sur lesquelles ils spéculent aussi. Avec des dégâts moins visibles – et moins médiatisés – que ceux de Boko Haram ou autres milices sectaires. Mais avec une religion qui, pour paraphraser un beau parleur, n’a “pas de visage, pas de parti [et] pourtant gouverne” le monde. Et qui a un nom : l’argent !

Mais, les traders ne possèdent pas ce que possèdent Ami et Ashbu : la fraternité.

Chaque fois que je regarde des adultes dans les yeux, j’essaye d’y déceler la part d’enfance. Et si l’on parle de jouer en bourse, j’ai comme l’impression que les traders de New-York, comme leurs confrères du monde entier et tous ceux pour qui l’essentiel du monde se résume à la finance (je sais, ça fait beaucoup de monde) ont perdu quelque chose de bien plus essentiel.

Et souvent, lorsque je regarde les enfants, je me demande quand ils vont décrocher, plonger, abandonner ce moment d’insouciance et pourtant de tellement pleine conscience du monde et de ce qui y est vraiment important.

Je sais aussi. Quelque part j’idéalise. Mais laissez-moi rêver qu’il est possible qu’un jour le monde se réveille… Ou, comme une sentinelle, veiller sur les rêves d’enfance

(photos : Richard Drew, Jérome Delay)

Du rêve à Daydream, comme du coq à l’âne, mais plus rapidement…

Bref.

Je me suis mis à fredonner ça et je vous jure que ça colle. Un de mes plus grands souvenirs musicaux :

Pour Wallace Collection (Daydream) et Claude François (Rêveries), j’ai déniché les vidéos.

Mais pas pour The Motowns (Sogno sogno sogno) et The Fevers (Preciso de Você)…

Désolé !