Une manifestante,
selon les forces de l’ordre

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Au lendemain de la manifestation à Francfort, le 18 mars dernier, pour conspuer la Banque centrale européenne (BCE) qui inaugurait son nouveau siège à 1,2 milliard, abcdetc vous parlait … de l’attentat au musée du Prado de Tunis. Encore une fois, le terrorisme occultait l’austérité contre laquelle avaient manifesté 15 à 20.000 personnes, dénonçant la dictature de la BCE.

Mercredi 15 avril, il n’y a eu qu’une manifestante pour perturber la conférence de presse du président de la BCE, Mario Draghi, dans son nouveau siège social.

Josephine Witt – ex-Femen qui se considère aujourd’hui comme une “activiste freelance” – a bondi sur le banquier. Arborant un magnifique t-shirt où était inscrit “End the ECB dick-tatorship” (avec un jeu de mot subtil…), elle l’a agressé à coups de … confetti et de tracts, avant que la sécurité ne s’occupe d’elle.

“Super Mario” a pu baisser les bras et reprendre la parole.

Au-delà des sous vêtements de Josephine Witt et sur son manque de ceinture avant d’être ceinturée par les gardes du corps, débat qui a paraît-il intéressé les réseaux sociaux, la jeune étudiante allemande en philosophie a fait passer un autre message* : quand on voit la tête de Mario Draghi, on comprend que, si on les prend un par un, les puissants ont peur. Et vu le déséquilibre quantitatif – 1% contre 99% – des forces en présence, il y a de quoi réfléchir.

(Photos : Odd Andersen, Kai Pfaffenbach, Daniel Roland, Michael Probst, Ralph Orlowski)

* Et à propos de message. La plupart des journaux n’ont retenu que deux phrases (mal traduites) du tract rédigé par Josephine Witt. C’est dommage, car je trouve que sa prose vaut aussi la peine d’être lue. Ne serait-ce que pour se rappeler au nom de quoi nous nous battrons encore à coups de confettis. Merci donc au Yéti qui, sur Politis, nous offre une traduction intégrale et correcte du tract que l’on trouve (en anglais) sur le compte twitter de la jeune “activiste freelance”. Pour ceux qui aiment la presse fast-food, j’ai souligné en rouge les deux phrases préférées des journalistes.

Nous sommes propriétaires de nos propres vies
et la puissance écrasante
de la police monétaire de la BCE
a parfois du mal à s’en rappeler.

Nous sommes propriétaires de nos propres vies,
pas des jetons dans le jeu de la BCE
avec lesquels on joue, qu’on vend ou qu’on dévaste.

Nous sommes propriétaires de nos propres vies !
Voilà le cri de ceux qui font face à la répression
quand nous commençons à ne plus considérer notre pauvreté comme une défaite personnelle
ou un destin immuable.

BCE
maître de l’univers,
je viens te rappeler qu’il n’y a pas de dieu,
mais qu’il y a des gens derrière ces vies,
et si tu gouvernes au lieu de servir,
tu entendras nos cris plus fort, plus lumineux, à l’intérieur et à l’extérieur de tes salles,
partout, et tu n’auras plus aucun repos.

Et tant que la BCE persistera dans son hégémonie autocratique,
dépendant de plans de surveillance et de contrôles policiers,
bref, toute cette violence quotidienne qui est enracinée ici,
alors nous trouverons nos réponses radicales
et nous agirons sans violence contre ces désastres humains.

Parce que nous n’accepterons pas le récit fou que la BCE veut imposer à toutes les personnes dans lequel même la liberté de parole et la dignité peuvent être vendues à la banque pour survivre. Persistant dans son arrogance contre le peuple, la BCE augmente dangereusement sa propre dette envers eux. Une conférence de presse n’est pas suffisante pour qu’on l’appelle « démocratie ».
Je n’attends pas que cette institution illégitime entende ma voix, ni même qu’elle comprenne mon message,
ce serait trop demander,
mais je sais que beaucoup de gens en comprendront très bien la raison.
Aujourd’hui, je suis juste un papillon venu vous adresser un message, mais soyez sûrs que beaucoup d’autres viendront.
Nous allons reprendre le pouvoir sur nos propres vies.
La dette de la BCE n’est pas encore payée.

Comme dissidente des Femen, Josephine Witt pourra peut être rejoindre ses compatriotes du groupe Dissidenten, auquel s’associent déjà régulièrement des musiciens d’Afrique, d’Inde ou du Moyen Orient… Le groupe a remporté en 2012 l’International Praetorius Music Peace Award. La vidéo du jour a été filmée lors de la remise des prix.

Et je ne résiste pas au plaisir de vous citer la devise de Dissidenten sur leur site Internet. “The world is a mirror: show yourself in it, and it will reflect your image!”