Rêver que finisse le cauchemar

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Une seule photo aujourd’hui.

Et le silence glacé.

La photo ressemble presque à un tableau. Un Radeau de la méduse des temps modernes. Le naufrage des Rohingyas, quelque part dans l’Océan Indien, entre la Birmanie qui les chasse et les autres pays (Thaïlande, Malaisie, Indonésie…) qui ne veulent pas les accueillir, raconte aussi le naufrage d’une humanité toute entière. Le calvaire de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants égarés sur des embarcations de fortune est, encore plus qu’une catastrophe humanitaire, le signe d’une planète sombre et qui coule. Et pas vraiment que des jours paisibles.

Et je ne sais quoi dire devant cette image terrible.

Alors je vous laisse aller lire le billet et regarder les autres photos de Christophe Archambault, responsable photo de l’AFP à Bangkok, qui est allé à la rencontre des Rohingyas sur leur embarcation de fortune, il y a 4 jours, pour témoigner, pour ouvrir les yeux, pour crier, éveiller les consciences.

“J’espère que mes images contribueront à donner un visage humain à la terrible crise dont ils sont les victimes. Qu’elles toucheront suffisamment de gens pour inciter les dirigeants à agir pour mettre fin à leur désespoir”, écrit-il en conclusion de son article.

J’espère aussi, humblement, vous toucher également. Et que le monde cesse de regarder les réfugiés, nos voisins, nos frères, nos semblables, comme des quotas ou de la chair à bandits.

Mais juste comme une part de notre humanité commune. Menacée de naufrage.

(photo : Christophe Archambault)

Et puis écouter Ichi, un homme seul, un homme-orchestre.