Un point de détail

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J’ironisais hier sur l’impuissance des “puissants” du G7 et leur radotage en conséquence. Mais devant une actualité qui radote, je me sens moi-même parfois bien impuissant.

Les photos du jour nous viennent de Catane en Sicile – encore – où plus de 1200 migrants ont débarqué dimanche du HMS Bulwark qui les avaient secourus (ainsi que quelques uns de leurs “passeurs” sans doute) au large des côtes libyennes.

1200 rescapés qui s’ajoutent à une longue liste, un décompte interminable, une addition infinie…

Des chiffres de l’immigration que les journaux nous relaient régulièrement : plus de 50.000 migrants ont débarqués depuis janvier, soit une augmentation de 150% depuis l’an passé.

Des milliers de visages, des centaines de photos. Comme une litanie qui signe nos échecs de pacification, de coopération, d’aide au développement. De décolonisation…

Mais en regardant les photos, j’ai découvert que les chiffres pouvaient dire autre chose.

Pour la première fois, j’ai aperçu les chiffres. Ceux qui servent sans doute à comptabiliser ces voyageurs modernes. Mais qui m’ont rappelé d’autres chiffres macabres inscrits sur des déportés d’une autre époque.

Je sais que l’on ne peut comparer une époque et une autre, une déportation de masse et une émigration massive mais sans commune démesure. Mais ce “point de détail” (comme aurait pu ironiser un individu dont je ne sais pas si j’ai le droit de le traiter de fasciste mais dont les idées sont bel et bien nauséabondes) m’a interpellé suffisamment pour que je reste un moment silencieux, mal à l’aise.

Me demandant quand nous aurions le courage, la volonté et la force de nous dire “plus jamais ça”, comme nos aînés le dirent en 1945. Et de renouveler nos efforts de pacification, de coopération, d’aide au développement. De décolonisation…

(photos : Alessandro Fucarini, Antonio Parrinello, Giovanni Isolino)

Et pourtant reste l’espoir. Comme le chante les Guinéens des Espoirs de Coronthie.

Ils seront en concert à côté de chez moi jeudi soir. Si je vous aperçois, je vous offre un verre. À la santé du monde…