Et tout le reste…

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Et une semaine qui recommence. Et la vie qui continue. Et le vacarme qui nous empêcherait presque de penser et de prendre conscience, à force de ne pas vouloir l’avoir trop mauvaise, cette conscience.

Hier encore, dans les galeries d’images de la planète que je consultais pour vous préparer ces quelques lignes, les migrants affluaient, comme les discours dans les gazettes et sur les radios (à la télé aussi, sans doute, mais je ne l’ai toujours pas…)

Pour ne pas dire souvent l’essentiel. Et se garder bonne conscience.

Alors, j’ai choisi une autre image. D’un autre enfant, vivant. Qui s’amuse à Kaboul en escaladant une clôture surmontée de barbelés. Une des autres photos de ce jour de “prise de conscience”, jeudi dernier. Une des photos de la semaine écoulée pour Reuters.

Je ne voulais pas joindre ma voix à celles de certains commentateurs du Net qui voient dans cet enfant un futur candidat à l’immigration ou au djihad qui s’entraîne. Je me demande toujours ce besoin de commenter pour déverser sa haine, son mépris, son arrogance…

Je voulais juste voir un enfant qui joue. Qui vit. Et tout l’espoir qu’il représente.

Et comme je n’avais rien de plus à dire, que ma réflexion était arrêté dans la stupeur, j’ai retrouvé un texte d’Aminata D. Traoré, qui signe ce mois-ci une contribution dans Le Monde diplomatique … sur les migrants perdus en mer. Un autre texte, publié ici en avril dernier et qui résonne tellement avec l’actualité. Un texte qui commence ainsi :

Assez ! Trêve de diversions !

Ils sont, ils étaient, ils seront des centaines, des milliers, des centaines de milliers à partir pour ne jamais arriver. Et comme d’habitude, après le temps de l’émotion et de l’indignation viendra celui de l’oubli et de l’indifférence. Ils sont, ils étaient, ils seront tous oubliés parce que des politiques économiques inégalitaires et assassines continueront à secréter le chômage et la pauvreté de masse, les conflits armés et le réchauffement climatique.

Et se termine par ces mots :

Il est du gonflement des flux migratoires vers l’Europe comme de la rébellion, au nord du Mali, et du djihad. Ce sont autant de conséquences de l’échec lamentable du développement économique de l’Afrique dans le cadre de la mondialisation capitaliste ; des conséquences que l’Europe n’a pas la volonté ni la sagesse de voir ni de comprendre à travers tous ces corps errants ou sans vie devant ses portes.

Il faut en finir définitivement avec des relations totalement déséquilibrées et essentiellement tournées vers les intérêts de l’Europe, de la finance et du commerce.

Au risque de voir notre monde sombrer.

Le naufrage serait alors global.

Un autre partenariat franco-malien et euro-africain s’impose.

Et que je vous invite à lire en entier. Pour réfléchir différemment. Prendre conscience davantage. Et espérer que la mondialisation puisse connaître un autre visage que celui, criminel, qui est devenu le sien.

Cet espoir que représente aujourd’hui, aussi, l’enfant de Kaboul.

(photo : Mohammad Ismail)

Et pour ne pas tourner le dos à l’actualité, l’accordéoniste du jour nous vient de Syrie :

Et pour poursuivre avec l’espoir, il semble bien que le jeune Tambi Djemouk, filmé ici dans son pays, est le même musicien que le pianiste prodige Tambi Asaad ici