Quand flotte l’espoir

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Même si je ne vais pas jusqu’à ne pas pouvoir “encaisser les drapeaux” (comme certain, mais il faudrait vérifier où en est Renaud avec son actualité de rebelle…) je n’en suis pas vraiment fanatique, comme de toute démonstration de nationalisme exacerbé, de fierté de clocher ou de chauvinisme imbécile.

Cependant, la présence du drapeau palestinien devant le siège des Nations unies à New York a quelque chose de réjouissant. Même si c’est en même temps un geste dérisoire et un symbole presque pathétique.

N’empêche.

La résolution permettant que de “hisser le drapeau des États non membres ayant le statut d’observateur auprès de l’Organisation des Nations Unies”, même si elle ne mentionne pas expressément l’état palestinien (diplomatie oblige?), témoigne du fait que la “communauté internationale” ne laisse pas complètement tomber les Palestiniens. Même si d’autres Arabes les préoccupent davantage…

Le vote contre cette résolution des États-Unis (aux côtés de l’Australie, du Canada, des Îles Marshall, des Îles fédérées de Micronésie, de Palaos et Tuvalu et bien sûr d’Israël) démontre pour sa part, s’il en était encore besoin, de l’attachement à géométrie variable à la démocratie du grand donneur de leçons en la matière.

La réaction israélienne est quant à elle sans surprise, si ce n’est de troublantes différences entre les commentaires du représentant d’Israël après le vote transcrits dans la version anglaise du communiqué (11676) de presse de l’ONU :

Israel’s representative called the resolution a photo opportunity, cautioning that as long as the Palestinians believed they could achieve their political goals without making concessions, they would continue to avoid taking the difficult decisions needed for peace.  Instead, he said, the photo truly worth taking was one of an Israeli Prime Minister and a Palestinian leader raising the flags of the two peoples living together in peace.

… et dans la version française du “même” communiqué (11676) :

Le représentant israélien s’est étonné que les Palestiniens puissent faire ce qu’ils veulent et agir en toute impunité, estimant qu’ils ne font aucun cas des valeurs de cette institution. […] Il a dit que les Palestiniens avaient surpris les États Membres avec la proposition d’une telle résolution, sans avoir au préalable présenté d’avant-projet de texte, ni organisé de consultations, ni négocié le libellé.  Il a jugé ‘malhonnête’ et ‘manipulatrice’ cette façon de procéder. […] Il a aussi jugé paradoxal que ce texte soit voté dans le cadre du point sur le ‘renforcement du système des Nations Unies’.  Il a ironisé à ce propos en imaginant que si les Palestiniens disaient que la terre était plate, certains appuieraient une résolution en ce sens. […] Il a conclu en disant attendre avec intérêt le jour où l’on verra l’image du Premier ministre israélien et du dirigeant palestinien se tenant côte-à-côte, levant les couleurs de deux peuples vivant ensemble en paix.

Mais, quelles que soient ces (troublantes) différences et celles qui me séparent des dirigeants israéliens, j’attends moi aussi, avec impatience, de pouvoir vous proposer la photo des deux drapeaux flottants côte à côte en Israël et en Palestine. Sans mur entre les deux pays, sans armée d’occupation, sans colonies et sans apartheid.

En attendant ce jour tellement hypothétique, je me contente du petit bonheur infime du drapeau palestinien hissé à New-York. Et comme j’espère qu’un bonheur n’arrive jamais seul, je l’accompagne d’autres étendards brandis sur le sol palestinien à l’annonce du vote de la résolution…

(photos : Debbie Hill, Bernat Armangue, Mohammed Abed, Abbas Momani, Mohamad Torokman, Roberto Schmidt, DR)

PS : les photos ci-dessus n’accompagnaient en fait rien du tout puisque, ayant oublié le décalage horaire, j’ai écrit ce billet avant que ne soit hissé le drapeau.

J’ajoute donc la vidéo de la levée des couleurs. En regrettant que l’étendard palestinien paraisse bien isolé…

 

Dans son discours hier à la tribune de l’ONU, le président sud-africain Jacob Zuma a rappelé que “il ne peut y avoir de paix, la sécurité et le développement dans Moyen-Orient sans la résolution [urgente] de la question palestinienne. […] Autrement si nous tardons, dans la prochaine décennie, nous pourrions ne plus avoir un lopin de terre pour justifier la solution à deux Etats.”

Les 5 musiciens de Fantasma nous viennent aussi du pays où a disparu l’apartheid.

Cat & Mouse, extrait de leur album Free Love :