Devoir d’indignation

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J’ai déjà évoqué mon travail qui me paye, lequel m’impose un devoir de réserve en même temps que d’obéissance. (C’est que ça ne rigole pas autant que certains le laissent entendre dans l’administration française…)

Le travail que je vous livre chaque jour ici ne m’impose que d’obéir aux impératifs du bouclage quotidien et une certaine réserve quant à l’actualité hexagonale.

Pourtant hier, en trouvant l’image du jour, je n’ai pu m’empêcher de ressentir – moi aussi – une certaine empathie solidaire envers les salariés d’Air France arrêtés chez eux au petit matin comme de vulgaires criminels ou terroristes. Tout ça pour avoir débraillé leurs directeurs qui s’apprêtaient à les foutre dehors.

Bref.

Il y a plus grave, me suis-je aussi dit en voyant le corps de ce Palestinien abattu lundi après une agression au poignard, dans la colonie israélienne de Pisgat Zeev à Jérusalem-Est… Et dont je ne parviens pas à croire qu’il s’est déshabillé lui même avant de commettre son geste et d’être tué, pour “éviter d’autres victimes innocentes”.

Hier, c’était “Journée de rage” en Cisjordanie, et en Israël, où trop de victimes innocentes ont perdu la vie.

Une rage qui a succédé à la colère. Une colère dont Charles Enderlin, maintenant retraité de la télévision publique française mais toujours observateur vigilant de son pays, cherche les raisons dans un de ses billets.

Une rage à laquelle on espère encore que ne va pas de nouveau succéder une violence furieuse, repoussant une nouvelle fois les espoirs de paix.

Une paix pourtant tellement possible, comme l’explique sobrement Marwan Barghouthi dans une tribune parue lundi, où il revient aussi sur les raisons de l’escalade. Et qu’il conclut par ces mots :

“J’ai passé 20 ans de ma vie dans les geôles israéliennes, y compris les 13 dernières années, et ces années n’ont fait que renforcer ma foi en cette vérité inaltérable : le dernier jour de l’occupation sera le premier jour de paix. Ceux qui veulent réaliser cette dernière doivent agir, et agir maintenant, pour précipiter la première.”

Moi aussi, j’ai toujours foi. Et j’espère toujours, plus de 40 ans après, que ne tombera pas définitivement le rameau d’olivier de la main de ceux qui souhaitent, espèrent et œuvrent encore pour la paix. Et que ceux qui peuvent et qui veulent, dirigeants impuissants, complices et englués dans une réserve obsolète et criminelle, agissent. Maintenant !

(Photo : Ammar Awad)

Merci aussi à Charles Enderlin pour m’avoir offert la musique du jour :

Et j’ai l’impression que le Yemen a plus que le blues…