Juste les mots justes

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Dans une époque où il devient chaque jour plus urgent de ralentir, il est vital de lutter contre l’accélération de toutes les folies qui nous conduisent dans le mur. C’est ce que ce blougui essaye – aussi – de faire, à sa manière, chaque fois qu’il le peut.

Aussi avec tous ceux qui l’ont soutenu, je ne peux que saluer la relaxe d’Erri De Luca, décidée hier par le tribunal de Turin.

Soutenant le mouvement NO TAV qui s’oppose à la construction de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin du val de Suse, l’écrivain italien était accusé d’incitation au sabotage et le parquet avait requis huit mois de prison ferme pour ces mots prononcés en 2013 lors d’une interview téléphonique avec le Huffington Post : “Je reste persuadé que la TAV est une entreprise inutile et je continue de penser qu’il est juste de la saboter.”

“Si les mots sont des crimes, je continuerai à les commettre”, avait rappelé Erri De Luca à la veille de son procès et, avant le prononcé du verdict, il a de nouveau déclaré : “Je défends l’origine du mot saboter dans son sens le plus efficace et le plus vaste. Je suis prêt à subir une condamnation pénale pour son emploi, mais non pas à laisser censurer ou réduire ma langue italienne.”

Et, après sa relaxe pour “délit non constitué”, il a conclu : “Une injustice a été évitée.”

C’est toujours une bonne nouvelle que de voir la bêtise et son obstination être vaincues par la détermination, d’un homme ou d’un collectif. En regardant les autres informations du jour en provenance de notre planète en folie, je me suis dit qu’on n’en avait pas fini de commettre des crimes de mots…

Résister, c’est exister deux fois.” Erri de Luca

(photo prise le 28 janvier 2015 par Marco Bertorello)

Si on m’avait dit que j’accueillerais un jour François Hollande dans cette rubrique…

C’est la faute (grâce) à la Parisienne Libérée, dont j’ai découvert hier l’excellent site et cette création… d’actualité !