Avec tous mes vœux

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Je vous propose aujourd’hui le troisième volet de l’exposition Photoquai, que vous pouvez toujours découvrir pour de vrai pendant une petite semaine.

Avec un détour par l’Inde, en compagnie de Supranav Dash, qui a immortalisé dans sa série Marginal Trades les métiers traditionnels en voie de disparition :

“En Inde, l’activité professionnelle a longtemps été dépendante du système des castes. Un métier se transmettait de père en fils, et pas question d’y déroger. Ce modèle qu’on croyait immuable a été mis à mal par la mondialisation et son corollaire d’évolutions socio-économiques. Revenu dérisoire, insuffisance des réformes, manque de reconnaissance de la part des ‘privilégiés’ et désir, donc, de s’émanciper d’un système archaïque ont fait qu’aujourd’hui, certaines professions ont disparu, tandis que d’autres se raréfient. Avide de perspectives plus lucratives, la nouvelle génération refuse cet héritage. L’Inde entière tourne le dos à ses pauvres. Si je n’ai rien contre le progrès, dans la frénésie actuelle, il me paraît fondamental de ne pas oublier d’où nous venons. Pour y parvenir, j’ai élaboré une méthode : sur un marché ou à un carrefour, je tendais une toile de fond et j’installais des projecteurs. Dès que je repérais un sujet, j’allais à sa rencontre pour lui expliquer mon projet. Le plus difficile a été d’amener ces personnes jusqu’à mon ‘studio’. C’est une chose d’être pris en photo par les touristes, c’en est une autre d’être ainsi mis en scène. Elles se méfiaient : à force d’être exploitées par un système corrompu, elles avaient du mal à distinguer ma requête de l’injonction d’un policier.”

Ne pas oublier d’où nous venons… La phrase a longtemps cheminé en moi. Et en regardant les travailleurs (vacher, vanniers, bouchers, vendeur de thé, cuisiniers, nettoyeur d’oreilles, travailleurs du métal ou du bois, porteur de bidons d’huile, balayeurs, tireur de rickshaw, astrologue…) photographiés par Supranav Dash, je me suis interrogé sur mon métier, son sens, son intitulé. Avec une douce pensée pour mon fils qui m’inscrivit autrefois, sur les fiches signalétiques de son lycée, comme astronaute, moi qui ne suis qu’un malhabile pousseur de mots, sans réelle tradition, et appelé peut être – moi aussi – à disparaître.

Mais je ne veux pas laisser la place à je ne sais quelle nostalgie. Ou mélancolie.

Car, si j’ai choisi aujourd’hui de faire ce détour par Calcutta, c’est aussi parce que s’y célèbre le mariage d’Amrita, la plus belle des filles de ce grand pays (évoquée ici et ), à laquelle j’adresse tous mes vœux de bonheur ainsi qu’à son mari chanceux. Sous les auspices de l’astrologue qui termine la série du jour…

Et vous, quel est votre métier ?

(photos : Supranav Dash)


PS : Et qu’il est odieux le métier de tuer !


Et pour accompagner cette série de travailleurs, je vous offre une petite série de chansons sur le travail….

Avec :

  1. Henri Salvador : Je ne peux pas travailler (1958). Un titre moins connu que le suivant, mais qui permet à son auteur de réaliser un beau doublé pour un type qui respire la paresse…
  2. Henri Salvador : Le Travail c’est la santé (1965)
  3. Les Parisiennes : Il fait trop beau pour travailler (1964)
  4. Zachary Richard : Travailler c’est trop dur (1977 ?)
  5. Dorothée : C’est dur de travailler (1984)
  6. Pink Martini : Sympathique (1997)

Et si vous voulez écouter d’autres chansons de travail et de travailleurs, allez voir par ici