Malgré le danger…
la vie continue

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Dimanche, la presse officielle a d’abord parlé de 30 morts.

Puis le bilan s’est rapidement alourdi, d’heure en heure et de jour en jour.

80, 90, au moins 97, au moins 100, plus de 100, 113, au moins 115 aux dernières nouvelles, au moment où je rédigeais ce billet, hier en fin de journée. Et plus d’une centaine de personnes seraient encore portées disparus.

“Nous continuons à chercher les disparus, mais je ne pense pas que nous les retrouverons en vie”, a indiqué Nilar Myint, responsable de l’administration de la région de Hpakant, dans le nord de la Birmanie.

“L’accident s’est produit samedi avant l’aube quand une montagne de remblais s’est effondrée sur des dizaines de cabanes de fortune dans lesquelles dormaient des Birmans pauvres vivant de la recherche de morceaux de jade restés non exploités”, explique l’afp relayée par la presse internationale et abcdetc.

Selon  l’ONG Global Witness, des dizaines d’habitants sont morts ces derniers mois dans des éboulements de terrain similaires, en tentant de trouver des pierres dans les remblais laissés par les pelleteuses.

Les ventes de jade ont rapporté officiellement trois milliards d’euros l’an dernier. Dix fois plus selon Global Witness qui dénonce ce “hold-up” ainsi que la corruption engendrée par le trafic (à lire et à écouter sur RFI).

Les plus pauvres essayent de grappiller des miettes de cette manne, dans une région devenue selon ses habitants “l’enfer sur terre”. Où quelques un ont gagné samedi encore le paradais (on leur souhaite).

Si le nombres de victimes de la mine de Hpakant évoque celui des attentats de Paris, je sais bien que comparaison n’est pas raison. D’ailleurs, je n’ai toujours pas entendu parler d’une coalition – ou même de coordination –internationale pour lutter contre la pauvreté.

Hier, comme en témoignent les deux images du jour, les mineurs clandestins avaient repris le travail…

(photos Soe Zeya Tun)

Comme le dit le proverbe, la peur n’arrête pas le danger. Mais parfois elle empêche de vivre. Comme il serait bon de vivre sans peur. Vivir sin miedo, de Buika, extrait de son dernier album éponyme.