Noir c’est noir

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Les jours se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Et c’est valable aussi pour les vendredis.

Alors que le vendredi 13 novembre 2015 restera longtemps* dans les mémoires comme une des journées les plus noires de l’histoire contemporaine de la France, le vendredi 27 novembre s’est déroulé presque normalement chez nos amis étasuniens.

Presque, car on a observé paraît-il un léger fléchissement (-1,5%) des achats compulsifs traditionnels du Black Friday, qui aurait généré quand même un chiffre d’affaires de 12,1 milliards de dollars dans les magasins où se sont rués quand même 102 millions d’acheteurs avides de bonnes affaires et de consommation effrénée.

La perte dans les magasins physiques est cependant compensée par les ventes en ligne. 103 millions d’Internautes ayant dépensé la modique somme de 4,47 milliards de dollars, soit une hausse de 18% par rapport à 2014.

La décroissance n’est pas pour demain au pays de l’oncle Sam.

Si les courses en ligne sont une solution idéale pour échapper à la foule comme aux attentats, la proximité de ces derniers ayant contrarié l’engouement consumériste par chez nous, la réussite de l’importation du Black Friday dans nos contrées s’en trouvait menacée.

Il est vrai que l’appellation “vendredi noir” a ces temps-ci une saveur marketing fort douteuse.

Aussi, les enseignes du web français ont-elles été invitées à changer la dénomination de ce jour de fièvre acheteuse, “par respect pour les familles” a expliqué Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance, qui a proposé le terme de Jours XXL.

Recommandation modérément suivie par les vendeurs. J’ai relevé ici ou là les dénominations de Color Friday, Happy Friday, Perfect Friday, White Friday, Friday Shopping, Friday Offer, Cyber Week End, Magic Days, Unexpected Days, Happy Week-End, Crazy Week-End, Big Week-End, Super Week-End… (sans faire de publicité pour personne), avec quelques résistants remarquables d’une langue française sans avenir commercial : Jours spectaculaires, Journées folles, 3 Jours Éblouissants, 4 Jours Uniques, Semaine des titans… J’en passe sûrement.

Il est trop tôt pour faire un bilan de l’opération commerciale et de l’obéissance des Internautes à l’injonction de consommer. D’autant plus qu’à l’heure où je rédige ces lignes, se déroule encore le Cyber Monday. Il paraît cependant que certains sites ont connu une hausse de 25 à 50% de leur ventes, malgré un démarrage ralenti par … la cérémonie d’hommage aux victimes du vendredi noir.

J’en vois un qui regarde ses chaussures.
Envisage-t-il d’en acheter une nouvelle paire (avec talonnettes) sur Internet ?

Est-ce finalement un “effet daesh” qui aurait détourné les consommateurs des magasins (-20 à 30%) vers Internet ? Si c’est le cas, il sera plus difficile pour les musées (-50% pour certains) et les salles de concert (jusqu’à -80% de ventes de billets !) de récupérer leur public…

Rendez-vous l’an prochain dans une France pacifiée pour voir si l’importation d’une nouvelle coutume étasunienne – après Halloween, l’individualisme forcené, la paupérisation** et le pavoisement, entre autres… – poursuit sur sa lancée, sans le soutien d’organisations terroristes.

Et puisque je vous ai privés de liens pour cause d’interdiction publicitaire sur ce blougui, je vous donne quand même l’adresse du site – français – Black Friday, qui espérait tant surfer sur la vague imitatrice et moutonnière.

“Le Black Friday est devenu une vraie institution aux Etats Unis. Les commerçants ainsi que les clients se sont appropriés le Black Friday depuis de nombreuses années. Aussi appelé Crazy Friday par certains, le Black Friday est tellement important que de véritables scènes de liesse ont lieu le jour J ! Le phénomène Black Friday a débarqué en Europe il y a 2 ans, mais 2015 est bien l’année phare du Black Friday en France.” (C’est moi qui souligne…)

Je suis revenu, presque malgré moi, dans une actualité hexagonale. Mais les photographies du jour sont bien étasuniennes.

Les scènes de “liesse” aussi. Qui donnent une vague idée de ce qui arrivera le jour de la dernière goutte d’essence … ou d’eau ?

(Photos : Larry Smith, Shannon Stapleton, Andrew Kelly, Brendan McDermid, Jim Young, Tom Pennington, Jim Lo Scalzo, Ray Tang, Roberto Koltun, Kena Betancur, Noah K. Murray, Jason Lee, DR)

* Longtemps dans les mémoires… En effet, on a tendance à oublier. Même le pire. Surtout le pire ? Passant ce week-end par le magasin Tati dans la grande ville à côté de chez moi, je proposai au vigile à l’entrée de lui montrer le contenu de mon sac. Offre qu’il a déclinée. J’ai glissé alors que chez Tati aussi ça pouvait péter, sans visiblement de réaction de sa part. Il m’a fallu moi même recourir à wikipedia pour retrouver la date des attentats de la rue de Rennes, qui avaient provoqué 7 morts et 55 blessés le mercredi 17 septembre 1986, face au 140 de la rue de Rennes devant le magasin… Tati.

** La paupérisation… Les Restaurants du cœur lançaient hier leur 31e campagne, au cours de laquelle ils prévoient de distribuer 128 millions de repas à près d’un million de personnes. La courbe de la pauvreté ne s’inverse pas plus que celle du chômage.

Sans aucun rapport.

Le groupe Holy Forest est le fruit du projet panafricain et transmusical du documentariste et écrivain (et accessoirement bassiste, guitariste et claviériste) étasunien Jon Fine.

Et in fine, ça devrait plaire à quelques fidèles d’abcdetc. Nyokonole – Nous sommes ensemble.