Flop

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“C’est partout le bruit des bottes”, chantait jadis Jean Ferrat.

Mais les poètes communistes – ou sympathisants –ne sont guère à l’honneur ces temps-ci. Pas plus que les pacifistes…

Dans le sillage du chef de guerre François Hollande, les alliés se rallient (tautologie bien naturelle) à l’impératif guerrier, avec l’assentiment des populations.

À peine si quelques irréductibles manifestent leur désaccord, continuant d’espérer que les “démocraties éclairées” inventent une alternative à l’escalade de la violence, à la logique des armes ou à la loi du talion.

“Œil pour œil et le monde sera aveugle”, rappelait l’un des 5000 manifestants qui arpentaient samedi les rues de Londres pour protester contre le renforcement des frappes aériennes britanniques sur daesh avec leur extension à la Syrie. Mais n’est pas sûr non plus que le non violent Gandhi soit très à la mode non plus.

De toutes façons, la manifestation de samedi a fait “un flop”, comme nous le rappellent avec une belle unité nationale nos médias, de L’Express à Libération, citant l’AFP… et faisant référence à la manifestation de 2003 contre une intervention en Irak, qui avait réuni à l’époque près d’un million de personnes.

Si 1 million de citoyens ne parviennent pas à calmer les ardeurs guerrières de leur “responsables politiques”, c’est sûr que 200 fois moins n’ont guère de chance de faire entendre leur voix discordante. Et même en comptent jusqu’à 65000, soit le nombre de signataires de la pétition “Stop The War” adressée à leurs députés par les citoyens britanniques.

La majorité silencieuse, que les sondages affirment en faveur du renforcement des attaques aériennes, l’emporte donc. Une fois encore.

Les bombes ne peuvent pas être la bonne réponse à la terrible tragédie de Paris. Nous disons aux députés, particulièrement à ceux du Labour, de ne pas refaire la même erreur que lors de l’intervention en Irak”, a argumenté Lindsay German, une des représentantes de « Stop the War« .

Je ne pense pas que ce soit le bon moyen de soutenir nos amis français. Nous devons apprendre les leçons du passé”, a renchéri l’acteur Mark Rylance, l’un des signataires d’une lettre ouverte à David Cameron contre l’intervention, en compagnie d’une quarantaine d’autres personnalités, dont le cinéaste Ken Loach, le musicien Brian Eno, ou la lauréate du Prix Nobel de la Paix 1976, Mairead Maguire.

Quelles erreurs ? Quelles leçons du passé ? Quel fiasco en Afghanistan, Irak, Lybie ?

Mardi soir, il y avait encore une poignée d’un millier d’acharnés pour tenter d’arrêter un nouveau flop… démocratique.

Hier soir les députés britanniques ont autorisé l’escalade guerrière et les premières attaques aériennes en Syrie ont eu lieu quelques heures plus tard. On voit que c’était urgent !

(photos : Leon Neal, Neil Hall, Suzanne Plunkett, Ben Pruchnie, Tolga Akmen, See Li, Nick Edwards)

Samedi à Madrid, ils étaient aussi 5000 à flopper contre les envies belliqueuses du gouvernement. Mariano Rajoy les a rassurés en affirmant qu’en matière d’intervention militaire “les décisions, comme dans n’importe quel aspect de la vie, il faut bien les penser” et en rappelant que son gouvernement “attend qu’un plan [allié] soit approuvé”.

Sagesse apparente qui a peut être un rapport avec les prochaines élections législatives du 20 décembre. Lors desquelles Mariano Rajoy craint que son parti fasse un flop ?

(photos : Gérard Julien)

Nawel Ben Kraiem est arrivée en France à l’âge de 16 ans. Mais la chanteuse franco-tunisienne n’a pas oublié ses racines. Que ce soit dans ses engagements pour son pays d’origine, la démocratie, le vote, la liberté, l’égalité hommes-femmes… ou dans sa musique qui évoque un beau rapprochement sud-nord et raconte “la vie d’hier et celle d’aujourd’hui”.

Time that Angels hide. On aimerait parfois que les anges se montrent davantage…