Fracture

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Slide 1

Au moment où j’écris ce billet, j’apprends – sans réelle surprise – que la stratégie de l’épouvantail, menée par les socialistes qui prétendent encore incarner la gauche et les médias qui aiment jouer à se (nous) faire peur, n’a pas eu les résultats escomptés et que le FN est bien le premier parti de France, en tout cas de la moitié qui vote. Et voilà notre unité nationale acquise sous état d’urgence qui vole en éclat et notre beau pays coupé en bien plus que deux.

Bref.

Mais l’actualité hexagonale n’est pas l’objet de ce blougui qui tente autant qu’il le peut d’ouvrir les yeux au-delà de nos frontières.

Et à propos de frontière, j’avais envie de partager avec vous cette magnifique et tragique photographie que j’ai trouvée enfin de semaine dernière, lors de ma navigation sur le web qui tente de maintenir le cap et de me maintenir à flot.

Je vous recopie ici la légende qui l’accompagnait :

“De toutes les frontières qui se dressent sur la route des réfugiés entre la Turquie et l’Europe du Nord, celle-ci est la plus difficile pour eux. Car elle est à la fois la première à leur barrer le chemin, entre la Grèce et la Macédoine, et la dernière à avoir été érigée : preuve du durcissement que l’Europe des 28 s’est enfin décidée à appliquer face à l’arrivée de plus de 600 000 immigrés en un an. Désormais ici en Macédoine, comme en Serbie, en Croatie et en Slovénie  , tous les candidats au passage qui ne viennent pas d’un pays en guerre (Irak, Syrie, Afghanistan) sont impitoyablement refoulés. D’où le regain d’incidents entre gardes-frontières et réfugiés économiques, originaires d’Afrique, d’Asie ou d’autres pays du Moyen-Orient.”

Tout est dit. Et je ne sais pas vraiment qu’ajouter.

Sauf que cette nouvelle barrière de barbelés dressés par des hommes pour se protéger d’autres hommes témoigne que notre monde, qu’on nous vante encore tellement comme tellement mondialisé, est lui, bel et bien, encore et de plus en plus coupé en deux.

“Impitoyablement…”

Comme sont impitoyables les décisions de reconduite à la frontière que prennent nos préfets devenus seul maîtres à bord (après un Dieu qui n’existe pas…) dans une France en état d’urgence.

Dans un pays où les droits de l’Homme sont devenu un slogan commercial du même tonneau que le développement durable, le FN a toute la place qu’il mérite…

(Photo : Robert Atanasovski)

“Il est important de résister”, me confiaient hier mes voisins de cinéma. Ils parlaient à propos de cette sale où nous étions 5 personnes, dans une grande ville grouillante de gens perdus de n’avoir pas de lumières à fêter…

Coïncidence, le film L’Idiot de Yuri Bykov parle de la résistance d’un homme seul, Dima, face à la corruption des “responsables” municipaux et à l’indifférence des gens ordinaires. Et qui lutte tout au long du film pour sauver les seconds de l’effondrement de leur immeuble en s’affrontant aux premiers tellement tous plus “arrosés” les uns que les autres. Je ne vous dévoile rien de l’intrigue ni de la fin… Je vous encourage à aller voir le film s’il passe près de chez vous.

Même si.

Et j’ai fini par retrouver la musique hypnotique qui accompagne le film. Споко́йная но́чь (Bonne nuit). Un tube du siècle passé, créée en 1986, par le groupe défunt Кино (Kino).

En version originale dans le film, telle que j’ai réussi à l’extraire d’une autre vidéo, quand elle accompagne la longue marche nocturne de Dima dans une ville qui se fout bien de lui :

En version live, toujours aussi hypnotique :