La mémoire en exil

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Il y a plein d’anniversaires qu’abcdetc oublie de fêter. Presque autant que de Journées mondiales en tous genres.

C’est qu’avec un seul sujet par jour, je n’arrive pas à tout dire. Même s’il y a des jours on je suis tenté de me taire. Et j’ai parfois un problème de synchronisation avec le temps qui passe. Comme avec le monde.

Mais aujourd’hui, je n’ai pas oublié. Même si.

Parce que c’est l’anniversaire de deux lectrices fidèles (même si discrètes dans leurs commentaires…) auxquelles j’adresse tous mes vœux de continuer à bien grandir. Et aussi, parce que c’est l’anniversaire d’une ex-lectrice, plus vieille à elle seule que les deux autres, et qui a quitté les écrans depuis un moment déjà.

Mais, même si elle ne me lira pas, même si elle navigue dans un presque monde parallèle, même si elle se réfugie dans des pans de souvenirs loin du monde et de sa fureur, même si sa mémoire est en exil et qu’elle oublie souvent jusqu’à mon nom, je ne pouvais pas oublier l’anniversaire de ma mère.

Je sais. Dans un blougui qui prétend porter son regard sur le monde, cette irruption intime peut paraître déplacée. Mais qu’importe. Avec si peu de lecteurs qu’il tiendrait dans mes trois pièces et encore moins de commentateurs que je pourrais les réunir autour de ma table, j’ai bien le droit de faire ce que je veux.

Je crois que j’ai renoncé depuis belle lurette à une place de blogueur influent.

Mais pas à l’émotion.

Alors, en pensée pour ma mère que j’avais déjà évoquée ici il y a quelques temps déjà avec une image d’enfant et de poupée, j’ai recherché d’autres photographies d’enfance.

Et celles-ci sont particulières. Puisqu’elles ont été prises par des enfants eux mêmes. Depuis maintenant deux ans, Reza Deghati (صفحه رسمی رضا دقتی) qui se définit comme photographe, philanthrope, humaniste, a lancé le projet Exile Voices, grâce auquel des enfants sont formés à la photographie dans des camps de réfugiés (ici au camp de Kawergosk, dans le Kurdistan irakien). Ils peuvent ainsi témoigner de leur quotidien et “redevenir les acteurs de leur vie”.

Ces jeunes reporters ont fait l’objet en 2013 d’un reportage diffusé par Arte.

À l’heure qu’il est, peut être qu’un ou plusieurs de ces jeunes Syriens en exil tentent de redevenir acteurs de leur vie quelque part dans une Europe qui peine à mettre en scène un avenir commun.

Et je pense à cette vieille femme sans avenir que d’achever d’égrener ses souvenirs déments, qui me donna jadis une vie, dont j’essaie d’être le digne acteur.

(photos : Amer Abdulah, Nalin Bashar, Maryam Husein, Mohammad Husein, Amama Husein, Mohammad Khalaf, Ali Morad, Amina Morad, Solin Qasem, Solav Qasem, Solav Rasol, Zervan Rasoul, Maya Rostam, Deliar Zeynal)

Avant de modifier le sommaire pour cet hommage maternel, j’avais envisagé un billet sur la Pologne où la révolte contre le gouvernement conservateur gronde sans que les échos ne nous en parviennent encore…

J’ai gardé la musique du groupe Čači Vorba et la voix envoutante de Maria Natanson.