Un jour dans le monde

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Slide 1

Je ne vais pas m’excuser une fois encore de tous les événements ou anniversaires que je rate si souvent. Comme les innombrables journées mondiales ou internationales que je ne peux pas toutes couvrir…

Mais, grâce à un message d’une discrète lectrice, j’ai appris assez tôt que c’était aujourd’hui – en même temps que le solstice d’hier – la Journée mondiale de … l’orgasme.

Une initiative de deux pacifistes étasuniens, Donna Sheehan et Paul Reffell, persuadés “qu’un nombre élevé de pensées positives liées à un plaisir sexuel quasi simultané peut modifier le champ d’énergie de la Terre et réduire, en conséquence, les niveaux dangereux d’agression et de violence actuelle”.

Je ne suis pas aussi convaincu que les initiateurs de l’impact de notre plaisir sur l’état de de planète, mais la foi n’a pas toujours de rapport avec la réalité. Donc, même si c’est une initiative étasunienne, si le site Internet du Global Orgasm for World Peace est resté coincé en 2013 et si on peut se perdre avec la dissidence qui organisait un autre jour de l’orgasme le 8 août dernier (avec 93 participants…), je ne peux qu’encourager les initiatives jouissives plutôt que guerrières.

Un orgasme pour la paix, ça fait quand même rêver.

Même si aussi, il n’est pas si simple que ça d’avoir un orgasme, comme plusieurs de mes confrères nous l’ont rappelé ce week-end, commentant une enquête de l’IFOP qui révèle que les Françaises sont les occidentales ayant le plus de mal à atteindre le 7e ciel et qu’elles sont par contre (par conséquent ?) les plus grandes simulatrices.

Peut être qu’il faudrait moins s’obséder de réussite que de partage amoureux, conseille une sexologue interrogée par 20 minutes pour dédramatiser le dit sondage. On pourrait peut être alors rebaptiser la journée de l’orgasme en journée de l’amour ?

À méditer.

Comme on peut aussi s’interroger sur le commanditaire du sondage, discrètement cité par mes confrères, sans trop faire de lien vers le site “érotico-porno” en question. Un vulgaire fournisseur de webcam d’exhibition. Et là, l’orgasme en visio-conférence, j’ai plus qu’un doute…

Bref.

Une fois tout ceci dit, je ne savais pas trop comment illustrer l’information du jour. Ce qui est assez souvent le cas quand je pars sur un sujet à partir d’une info plutôt qu’une photo. Et, après avoir vainement exploré les actualités en images ou les images hors actualité, j’ai trouvé la photo de Nadia Murad Basee Taha en larmes.

Il n’est pas vraiment question d’orgasme ou de plaisir dans le récit qu’a fait la jeune femme yézidi la semaine dernière devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Juste de viol, de violence, d’humiliation, de domination, subie de la part des combattants de l’État Islamique, dont Nadia Murad Basee Taha a été l’otage et l’esclave pendant trois mois.

“Le viol était utilisé pour détruire les femmes et les filles, et être certain que ces femmes n’allaient pas pouvoir avoir une vie normale par la suite;”

L’horreur à l’état de brute, dont le récit a même fait pleurer certains des représentants de l’organisation internationale, laquelle a décidé de “se mobiliser contre la traite des êtres humains, exacerbée par la multiplication des conflits”.

On sait ce que valent parfois les résolutions de l’ONU. Mais on a, là aussi, envie d’y croire.

D’espérer.

Que les milliers de femmes encore otages de la cruauté d’hommes (dont je me demande encore comment ils peuvent jouir d’un viol…), trouvent elles aussi le chemin de leur liberté. Et que, malgré les mots terribles de Nadia Murad Basee Taha, elles puissent un jour connaître “une vie normale”. Avec aussi le plaisir qu’elles auront choisi de recevoir et de donner. Quel que soit le jour.

(photo : Eduardo Munoz)

Sinon, en parlant d’anniversaire, j’ai complètement laissé filer les 100 ans d’Edith Piaf. C’était samedi, et je ne l’ai appris qu’en écoutant les infos, bien après la mise en ligne de la mosaïque du jour.

Aussi, en ce jour (hebdomadaire) de l’accordéon, je vous propose une séquence de rattrapage :

Avec :

  1. Edith Piaf, bien sûr
  2. Olivia Ruiz
  3. Ute Lemper
  4. Zaz