Posture et gesticulations

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“Le premier essai de bombe à hydrogène de la République a été mené avec succès à 10H00 (01H30 GMT) le 6 janvier 2016, sur le fondement de la détermination stratégique du Parti des travailleurs […]. Avec le succès parfait de notre bombe H historique, nous rejoignons les rangs des États nucléaires avancés.”

C’était jour de fierté nationale hier en Corée du Nord, à l’avant-veille du 33e anniversaire du “grand camarade” Kim Jong-Un. Un grand habitué de ce blougui qui inaugure donc cette nouvelle année.

La “communauté internationale”, selon un scénario bien réglé, a protesté contre cette nouvelle provocation et cette violation des accords de proliférer entre puissances bien élevées.

Mais, au-delà de la provocation et de la violation, cette explosion, dont on tente de mesurer la véritable puissance, pourrait aussi bien être une nouvelle posture d’un état qui négocie l’aide humanitaire dont il a besoin en échange d’une mise en sourdine de la “menace” nucléaire dont on ne sait toujours pas si elle est sérieuse.

Quoi qu’il en soit, avec ses gesticulations, la Corée du Nord joue à merveille son rôle de dernier épouvantail après la chute planétaire du communisme.

Ce n’est pas l’annonce des essais nucléaires coréens qui ont fait pleurer mardi soir Barack Obama, mais l’évocation des enfants victimes d’armes à feu durant son discours sur la question du contrôle de ces armes.

Le président étasunien, arrivé dans la dernière année de son mandat, a donc décidé d’agir contre ce fléau.

“Nous ne sommes pas un pays de violence intrinsèque, mais nous sommes le seul pays qui voit ce type de violence surgir avec ce type de fréquence. On finit par penser que c’est normal au lieu d’essayer de régler le problème.”

Rappelons pour mémoire que son pays détient (outre le plus grand nombre de têtes nucléaires…) le record mondial de possession d’armes (près de 89 pour 100 habitants) qui causent la mort de près de 30.000 personnes par an. Dont deux tiers de suicides quand même…

Mais la fermeté présidentielle paraît bien tardive à moins d’un an de sa fin de mandat, d’une portée aussi limitée que l’actuelle mini-bombe H coréenne, et bien éphémère, si l’on en croit les promesses des candidats républicains d’abolir ce contrôle des ventes d’armes une fois élus…

Il restera une fois de plus un beau discours et une belle image, comme le prix Nobel de la Paix nous a habitué à nous en offrir.

Une posture et des gesticulations que personne n’a osé dénoncer…

(photos : Kim Hong-Ji, Issei Kato, Issei Kato, Carlos Barria, Kevin Lamarque)

Rien à voir avec l’attirail coréen, même si c’est leur nom. L’Attirail fête ses 20 ans d’existence, traversés d’inspiration tziganes ou d’influences cinématographiques. Ou le contraire.


Et pour les rares qui s’inquiètent de n’avoir encore rien reçu, les vœux d’abcdetc sont bien là