Tu seras un homme mon fils

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Si j’ai toujours autant d’émotion en relisant (ou en écoutant) le texte de Rudyard Kipling (dont on commémorait hier le 80e anniversaire de la mort) auquel j’ai emprunté le titre du jour, se sont des mots que j’ai adaptés aux différentes péripéties de ma vie d’homme et de père…

Mais je n’ai jamais pensé que devenir un homme passait par le maniement des armes. Ni que l’humanité se manifestait dans les pratiques guerrières.

Ce qui me distingue de bien de mes “semblables” qui aiment l’odeur de la poudre, le bruit des bottes, le son du canon et tous les folklores qui accompagnent la mort organisée.

Et si mon pays est vraiment “en guerre”, comme aiment à le répéter son président (et d’autres qu’on nomme grands … ou pas), je me rangerai plutôt toujours du côté des déserteurs rendant hommage à Boris Vian.

Tout ça pour dire que j’ai été quelque peu choqué de ces images d’enfants maniant des armes du côté de Saint-Pétersbourg dimanche dernier.

Et je m’apprêtais à dérouler un nouveau plaidoyer pacifiste, malgré les violences qui secouent le monde auxquelles il me semble toujours imbécile d’apporter une réponse aveugle et tout aussi violente. En concluant sur la mort au combat de John Kipling, lors de son premier combat, à la bataille de Loos, le 27 septembre 1915. Le fils Kipling avait alors 18 ans et il n’avait guère eu le temps de devenir un homme.

Et puis, en cherchant des informations, en russe et plus précises que de simples légendes de photos, sur l’événement de dimanche qui avait donné lieu à cet apprentissage guerrier, j’ai appris qu’il s’agissait de commémorer – et de reconstituer – la bataille qui mit fin au siège de Leningrad en janvier 1944. Un blocus de 28 mois (872 jours), qui causa la mort de 1.800.000 Soviétiques, dont plus d’un million de civils.

Alors, j’ai eu comme un doute sur la rupture nécessaire de l’attitude pacifiste et sur le degré de violence qui justifiait la prise des armes.

J’ai hésité sur la chute à donner à ce billet.

Et puis je suis allé manger. En savourant la chance de pouvoir le faire… Et en me rappelant que la guerre dont on me rebat les oreilles n’avait pas l’ampleur que voudraient lui donner les va-t-en-guerre…

(Photos : Dmitry Lovetsky, DR)

C’est en faisant mes recherches dans les médias russes que j’ai découvert Ленинград (Leningrad). Le groupe de Sergei Shnurov, homonyme de la seconde ville de Russie, dont la dernière vidéo a reçu plus de 7 millions de visiteurs en moins d’une semaine.

abcdetc est donc fier d’étendre votre culture de la musique russe actuelle…